Rapport d’orientation 2005-2006

Rapport d’orientation 2005

- L’enseignement des Sciences Economiques et Sociales et la filière E.S ont été une nouvelle fois menacés par un projet de réforme du lycée. La mobilisation des professeurs de S.E.S a permis de maintenir le statut des SES et de la (statut de la) filière E.S en seconde et au lycée mais dans une situation qui ne nous satisfait pas. Il convient par conséquent de rester vigilant et de faire reconnaître véritablement et définitivement la place des S.E.S au lycée à la fois par notre action mais aussi notre capacité à faire évoluer notre enseignement et nos pratiques.

1. Les dédoublements et les méthodes pédagogiques

- Les activités menées dans le cadre des dédoublements constituent un élément central de l’enseignement de SES et de la mise en œuvre de nos méthodes pédagogiques actives. La défense et la promotion des dédoublements doivent constituer la priorité dans l’action de l’APSES au regard de l’urgence de la question. La loi d’orientation laisse présager la suppression des dédoublements à la rentrée 2006. Nous n’acceptons pas une mesure qui nous semble davantage dictée par des considérations financières que pédagogiques. Les TD sont essentiels pour l’acquisition des méthodes d’analyse économique et sociale, pour l’utilisation des nouvelles technologies et pour l’individualisation des apprentissages nécessaires à la réduction des inégalités de dotations initiales des élèves. Nous avons exprimé notre opposition à leur suppression lors du mouvement des professeurs de SES et nous l’avons justifié par la réalisation d’un recueil de T.D. L’APSES rédigera un argumentaire à destination des professeurs sur les conséquences de la suppression des dédoublements en termes pédagogiques, de conditions de travail et de suppression de postes. En outre, le BN propose que le recueil de TD, éventuellement enrichi, serve de point d’appui pour la suite de l’action sur les dédoublements. Ce recueil pourrait donner lieu à une publication répondant à l’objectif de mutualisation des pratiques pédagogiques.
- Au-delà des TD, il conviendrait de développer notre réflexion sur "les méthodes actives". Lors des Assises du 12 mars 2005 organisées par l’APSES, des chercheurs en Sciences Sociales ont esquissé une évaluation de ces méthodes pédagogiques. Ils ont réfléchi à la manière de mieux répondre aux besoins des élèves et notamment des élèves en difficultés. Le prolongement de cette réflexion pourrait constituer un des temps forts du prochain stage national.

2. La place des Sciences Economiques et Sociales en seconde.

- L’enseignement des S.E.S reste toujours le seul enseignement dominant d’une filière qui a un statut d’option en seconde. A la suite de l’action de l’A.P.S.E.S, les SES restent un enseignement de détermination en seconde mais nous continuerons notre action de promotion des SES pour que cet enseignement fasse partie du tronc commun de l’enseignement général en seconde, avec un horaire décent. Il s’agit de contribuer à la formation économique et sociale de tous les lycéens et de permettre une véritable orientation des élèves en seconde.

Dans cette optique, l’APSES devra conduire une réflexion sur la (ré)introduction d’un enseignement de SES dans les filières L et S. (Motion présentée par Créteil, pour : 299, contre : 196, abstentions : 48, refus de vote : 18, motion adoptée)

- L’action de l’A.P.S.E.S contre la loi d’orientation sur l’école a permis de rendre plus visible la filière ES. L’Association devra poursuivre son action pour que la place de la filière soit définitivement reconnue au lycée et nous nous attacherons notamment à obtenir le soutien des syndicats sur cette question.

3. Contenus de l’option de première et de la spécialité de terminale

- La nouvelle loi d’orientation envisage la création d’une option de droit et de gestion d’entreprises en Première ES. Il s’agit, selon le Ministère, de mieux profiler les filières du lycée. Lors du mouvement des professeurs de S.E.S, l’A.P.S.E.S a manifesté son opposition à cette nouvelle option et notamment à l’enseignement de la gestion des entreprises. Cet enseignement, ne correspondant pas à un enseignement de culture générale, ne servirait pas l’intérêt des élèves de ES ni dans l’amélioration de leurs compétences pour le post bac, ni au regard des projets d’orientation souvent confus et difficiles pour une grande partie d’entre eux. La mise en place de cette option en série ES entrerait directement en concurrence avec la nouvelle orientation de la filière STG et pourrait brouiller les cartes des élèves les moins aidés dans leur choix d’orientation. Par conséquent l’APSES s’oppose à la création d’une option gestion. L’APSES s’oppose également à la création d’un enseignement spécifique de droit en option de première.

- En revanche, l’APSES demande le maintien de l’option de S.E.S en première avec un programme de sciences politiques qui n’exclut pas le renforcement d’éléments de sociologie, de philosophie du droit et de droit constitutionnel dans le contenu de cette option (pour : 497, contre : 72)

- Par ailleurs, l’APSES devra mener une réflexion sur l’articulation des programmes d’option de première et de spécialité de terminale. Elle s’interrogera d’un côté sur la pertinence de distinguer les contenus des deux années, l’option de première devant rester un espace de liberté pédagogique, découplée de la spécialité de terminale, cette dernière devant avoir un programme plus précis et limité pour être évaluable au bac. D’un autre côté, l’APSES réfléchira à l’intérêt d’articuler les contenus des deux années autorisant une progression sur deux ans.

4. Programmes et évaluation.

- L’A.G de Nice s’est prononcée pour une réduction effective du programme de terminale (de l’ordre d’un tiers du programme). L’action de l’A.P.S.E.S contre le projet de loi d’orientation n’a pas permis d’agir pour obtenir cette réduction. Nous avons cependant rappelé cette demande lors de nos différents entretiens et avons souvent rencontré l’écoute voire l’assentiment de nos interlocuteurs. L’APSES devra s’interroger sur la méthode à adopter pour obtenir satisfaction sur ce point. Plusieurs pistes de réflexion ont été évoquées : par exemple l’élimination des notions communes au trois programmes dans le cadre d’une réflexion sur l’articulation des programmes de tronc commun ; ou l’élimination de l’évaluation au bac, chaque année, d’un des thèmes de programme de terminale ou encore la possibilité de proposer trois sujets (dont deux dissertations) le jour de l’épreuve de SES. Cette liste n’est pas exhaustive. Enfin des réunions académiques semblent montrer la volonté de l’Inspection d’orienter les programmes sur quelques « fondamentaux » : des notions et mécanismes qui feraient consensus notamment en Sciences Economiques. L’APSES s’opposera à cette démarche qui méconnaît les sciences sociales et risquerait de transformer l’enseignement de SES en une série de « vérités » et d’obérer la richesse du débat contradictoire en sciences sociales. L’APSES propose d’entamer une réflexion sur le programme de tronc commun et notamment sur la place des auteurs et des théories.

- La question des programmes est liée à la question de l’évaluation. De plus en plus les enseignants constatent que les élèves ont des difficultés à s’approprier les connaissances, à mettre en oeuvre des méthodes pédagogiques variées, les méthodes des Sciences Economiques et Sociales ; Ils se contentent trop souvent de réciter le cours et de se livrer à une compilation des auteurs. Ce constat rend indispensable le maintien du travail en petit groupes , la réduction des programmes de s’interroger sur l’évaluation du baccalauréat et faire une bilan sérieux de la dissertation et de la question de synthèse en nous interrogeant non sur la forme des épreuves, qui nous semble correspondre à un niveau exigible d’élève de terminale ES, mais sur la nature des documents utilisés ainsi que sur la nécessaire harmonisation des pratiques et des exigences de professeurs de SES (comme dans l’académie d’Amiens lors de stages sur l’évaluation). L’A.G 2005 devra veiller à organiser le suivi des commissions de baccalauréat et à publier un document présentant l’ensemble des travaux des commissions de bac avec publication dans Apses-Info. L’APSES devrait engager un travail de réflexion sur l’évaluation et le bac qui sera sans doute un des chantiers ouvert par la nouvelle loi d’orientation

5. La formation continue et les partenariats

- L’A.G de Nice avait émis des réserves sur l’état actuel de la formation continue en Sciences Economiques Sociales. Un collègue a rédigé « une charte » (publié dans Apses-Info) présentant les conditions selon lesquelles des actions de formation continue étaient efficaces et utiles pour les professeurs de S.E.S. L’APSES dénonce l’extrême hétérogénéité de l’offre de formation entre les académies. L’APSES demande l’égalité et la transparence dans l’exercice du droit à la formation. L’APSES considère que ce droit à la formation continue doit se faire dans le cadre du temps de travail. L’APSES rappelle que la formation continue des professeurs de SES relève des missions de l’Education Nationale et non de démarches s’apparentant à du lobbying ; à ce propos, l’APSES réitère son opposition au partenariat unique entre l’Education nationale et l’Institut de l’entreprise (IDE), et à tout développement des stages longs en entreprises au détriment de la formation continue au sein des académies. Par ailleurs, l’APSES propose que des stages puissent aussi être effectués en partenariat avec d’autres organismes (organismes internationaux, administrations, associations, PME, TPE, syndicats,...) et qu’ils donnent lieu à des échanges avec l’ensemble des collègues.
- Les récents échanges entre l’association et l’AFSE (Association Française de Sciences Economiques) permettent d’envisager de nouveaux « partenariats » avec des organismes reconnus scientifiquement et pluralistes (OFCE, INSEE, ENS, DARES,...). L’Association envisage de les développer et de prendre notamment contact avec l’OFCE : la participation de J.P.Fitoussi aux assises des Sciences Economiques et Sociales le 12 mars peut laisser entrevoir des ouvertures qui paraissent positives.
- Par ailleurs, l’APSES proposera au Ministère de l’Education Nationale de signer une convention lui permettant d’organiser des actions de formation, éventuellement en collaboration avec l’Inspection Générale, les rectorats et d’autres partenaires publics et privés. Cette convention a pour objectif d’améliorer l’information des professeurs de SES et de leur faciliter l’accès à une formation continue de qualité et pluraliste.

6. La vie de l’association

- Lors de l’A.G de Nice, l’APSES s’était longuement interrogée sur la diminution constante des adhérents. L’action contre le projet de loi d’orientation et les nouvelles menaces sur notre enseignement se sont traduites par une augmentation de ces adhésions. Mais cette augmentation aurait pu être encore plus importante. Il convient donc de reprendre le travail pour faire de nouveau vivre les régionales en difficulté et développer les moyens de communication (Apses-info, 4 pages,...). Nous devons aussi nous interroger sur les moyens de renouveler les instances de direction de l’APSES et améliorer la fréquentation du Comité Directeur.

- L’association, grâce au travail remarquable d’un collègue, dispose maintenant d’un site internet opérationnel. Les régionales doivent participer à la vie du site en y mettant leurs documents. Une partie « échange pédagogique » pour les adhérents est à créer. Concernant les listes de diffusion « adh-apses », l’AG propose l’élaboration d’une charte de bonne conduite et la constitution d’un comité de modération s’appuyant sur cette charte pour rappeler chacun à la courtoisie et au respect de quelques règles élémentaires de vie en commun dans un cadre démocratique. Chacun doit penser à l’intérêt collectif de l’association et à se modérer en conséquence. Il est proposé de tester la mise en place deux listes distinctes. L’AG propose d’expérimenter la création d’une liste réservée aux questions pédagogiques. Enfin, il faudra que l’APSES prenne toute sa place dans l’Association Européenne de l’Economie (AEE) pour permettre de développer les échanges et la réflexion avec nos collègues européens.

- Par ailleurs, l’APSES réaffirme le principe du versement d’une contribution de solidarité par les régionales de l’APSES. Les fonds ainsi collectés serviront notamment à financer les opérations permettant de relancer certaines régionales.

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