Propositions de Jacques Lattuter

Professeur de SES, Rouen.


Avertissement : La publication sur apses.org des contributions et propositions collectives ou individuelles, en vue d’alimenter la réflexion et le débat pour les Assises de l’enseignement de SES, ne vaut pas validation par l’APSES. Le contenu des contributions et propositions est donc sous l’entière responsabilité de leur(s) auteur(s).

Dans le cadre des Assises organisées par l’Apses, je vous soumets quelques propositions personnelles :

1ère PROPOSITION : Demander que le futur groupe d’expert soit composé des membres de la Commission Guesnerie

Je propose que l’Apses demande que les nouveaux programmes de SES soient réécris par les membres de la Commission Guesnerie auxquels s’ajoutent, naturellement, d’autres personnes qualifiées choisies par la Commission (inspecteurs, professeurs). Cette Commission qui a déjà commencé le travail de réflexion sur les programmes doit maintenant aller au bout de son travail et écrire ces programmes. Ce groupe d’expert composé de plusieurs universitaires aurait le mérite de pouvoir faire consensus parmi les universitaires et les professeurs de terrain.

2e PROPOSITION : Demander que le même groupe d’expert réécrive le programme des 3 niveaux

Je propose que l’Apses demande qu’un seul groupe d’expert réécrive les 3 programmes du lycée afin de donner plus de cohérence entre ces programmes. Il faut que les programmes soient mieux articulés entre les 3 niveaux. Il faut donc que les mêmes personnes soient chargés des 3 programmes.

3e PROPOSITION : Demander à ce que le volume horaire en seconde donne plus de place aux TD

Je propose de donner plus de place aux TD en classe de seconde par rapport au cours proprement dit. Concrètement il faudrait que les élèves aient 1h de cours + 1h de TD par semaine, soit 2h élèves au lieu de 2h30 actuellement. Pour les enseignements, le service serait le même : 3h par semaine par classe.

Les avantages sont multiples :
- le ministère récupère 1/2h sur l’emploi du temps des élèves sans toucher à celui des enseignants ;
- les élèves travaillent plus en autonomie, à leur rythme, lors des TD, ce qui favorise le "suivi individualisé", la "remédiation", l’aide aux élèves en difficulté, leur motivation ;
- les TD permettent aux élèves d’acquérir des savoirs et des savoirs-faire (statistiques, informatique, enquête, vidéo, revue de presse, composition...) utiles pour la réussite en SES et dans les autres disciplines.

On répond ainsi aux souhaits du ministère, au besoin des élèves et à l’inquiétude des professeurs.

4e PROPOSITION : Demander la suppression de l’ECJS au lycée et son remplacement par un enseignement de "sciences politiques" obligatoires pour tous les élèves en 1ère et Tle

Je propose la suppression de l’ECJS qui est une matière inutile pour l’élève :
- inutile en termes de contenu, puisqu’il n’y a pas de connaissances à transmettre, il n’y a pas d’objectifs de savoirs, l’ECJS n’apporte aucune "culture générale" sérieuse, académique ;
- inutile au baccalauréat, l’ECJS n’apportant pas de points pour l’examen des élèves, ce qui nuit à la motivation et à l’intérêt que les élèves portent à la matière ;

Les élèves de 1ère et terminale ont besoin d’un véritable enseignement de "sciences politiques" qui leur permette d’être des citoyens éclairés à la fin du lycée. Ils sont demandeurs de cet enseignement, surtout ceux qui ne sont pas en ES, pour comprendre le monde politique. Ils ont besoin d’un enseignement cohérent, complet, structuré qui aborde les différentes composantes des sciences politiques :
- la philosophie politique (réflexion sur le pouvoir et le pouvoir politique, sur l’Etat et la nation, sur la citoyenneté et la nationalité...) ;
- le droit (fonctionnement de la justice et des institutions politiques, Constitution...) ;
- la sociologie politique (participation électorale...). Les élèves de L et S entendraient enfin parler de l’expérience de Milgram et de Pierre Clastres, de la sociologie du vote... ce que les professeurs de philo ou d’HG ne leur enseignent jamais !

Il faut proposer qu’un groupe d’expert parte du programme actuel de l’option sciences politiques en 1ère ES et élabore un programme commun pour tous les élèves de 1ère et terminale. Cet enseignement devrait faire l’objet d’une évaluation au baccalauréat sous forme de mini synthèse. Le volume horaire peut être de 2h de cours ou 1h de cours + 1h TD.

Cet enseignement se ferait à moyen constant pour le ministère puisque la généralisation de la science politique serait compensé par la suppression de l’ECJS dans les 3 niveaux du lycée et la suppresssion de l’option science po en 1ère ES ainsi que de l’EDS en Tle ES. On ne peut, en effet, proposer de généraliser un enseignement que si on en retire d’autres étant donné la teneur de la réforme. Ou alors on se risque au statu quo.

Les "sciences po" sont notre avantage sur les professeurs d’éco-gestion, il faut donc en profiter. Bien entendu, les professeurs d’HG vont revendiquer cet enseignement, il faut donc souligner que les professeurs de SES ont déjà en charge ce type d’enseignement, qu’à l’agrégation il y a une épreuve spécifique de "science politique" et que de nombreux professeurs de SES sont issus des IEP

Jacques Lattuter Professeur de SES, TZR

commentaires (6 messages)


  • Propositions de Jacques Lattuter 23 avril 2009 13:09, par rogel

    Bienvenue sos forever, je le demandais qui tu étais
    Quelques commentaires :

    1ère PROPOSITION : Demander que le futur groupe d’expert soit composé des membres de la Commission Guesnerie
    J’y suis opposé pour deux raisons : la première est que l’apses avait émis un avis négatif sur ce rapport, ce serait donc bizarre de solliciter cette commission. La deuxième raison, et la plus importante, c’est que Pebereau faisait partie de cette commission. Je ne suis pas chaud pour faire rentrer le loup dans la bergerie après lui avoir donné les clés.

    4e PROPOSITION : Demander la suppression de l’ECJS au lycée et son remplacement par un enseignement de "sciences politiques" obligatoires pour tous les élèves en 1ère et Tle

    Il me semble maladroit de dire que l’ECJS est inutile surtout que la consultation du programme montre que c’est une pale copie des SES. Il me semble plus judicieux d’attaquer sur l’idée que l’ECJS est des SE mal conçues fait par des profs qui ne sont pas forcément SES.

    Pas trop chaud pour une épreuve de sciences politiques au bac . Pas chaud en termes d’affichage : le mot « politique » fait encore peur

    Thierry rogel

    Répondre à ce message

    • SUR LA COMMISSION GUESNERIE ET LE GROUPE D’EXPERT 23 avril 2009 14:10, par jacques latutter

      Si M. Pébereau a une légitimité dans le monde de l’éducation alors il doit pouvoir être membre du groupe d’expert. Sa présence, après tout n’est pas nuisible : sa présence au sein du groupe ne lui donnerait pas de poids suffisant pour décider de l’orientation des programmes, il ne peut donc pas nuire à la qualité du travail du groupe tout entier. Sa présence peut même être un bienfait : les programmes ne pourraient plus être attaqués comme ils le sont par certains libéraux et entrepreneurs. Pourquoi exclure un homme sous prétexte qu’il est dirigeant d’une banque ? En d’autres temps, Joseph Schumpeter s’était également essayé dans la direction d’une banque qui n’a pas connu de succès, puis s’est fixé dans l’enseignement et la recherche. Si nous avons de la sympathie pour Schumpeter, pourquoi être opposé à M. Pébereau ? Non il n’est pas un loup dans une bergerie : l’image n’a pas de sens, il n’est pas là pour tuer les SES et les professeurs ne sont pas de gentils agneaux. Thierry n’ait pas peur de M. Pébereau. Au contraire, je crois que tu devrais faire partie de la commission pour t’opposer, s’il le faut, aux orientations de M. Pébereau.

      Répondre à ce message

      • SUR LA COMMISSION GUESNERIE ET LE GROUPE D’EXPERT 25 avril 2009 08:51, par jacques latutter

        J’ajoute que M. Guesnerie a montré qu’il était favorable aux SES comme croisement de disciplines, qu’il était pour sa généralisation en seconde, dans son interview à "Alternatives économiques" et dans son interview sur "La Vie des idées". M. Guesnerie nous est favorable, pourquoi donc l’écarter ? On sait ce qu’il pense des SES, alors qu’on ne sait rien des intentions d’autres universitaires. Imaginez qu’on nomme M. Pascal Salin...

        Répondre à ce message

    • SUR L"ECJS ET L’ENSEIGNEMENT DE SCIENCES POLITIQUES 23 avril 2009 14:16, par jacques latutter

      "Inutile" : C’est pourtant bien ce que bien des élèves et des professeurs disent en privé. Les thématiques ne sont qu’un prétexte pour le débat. Et c’est vrai qu’en SES on sait faire en matière de débat (cf. les précisions de Marjorie Galy sur toileses.org).

      "Peur" : Le terme "politique" fait peur lorsqu’on dit qu’une matière EST politique dans ses orientations, dans son contenu, c’est-à-dire lorsque l’enseignement est orienté. Par contre, un enseignement de "sciences" politiques est d’autant plus acceptable que le programme est cadré par un groupe d’experts reconnus. M. Descoings est capable d’en proposer quelques uns. Ca vaut le coup d’en parler avec lui, non ?

      Cet enseignement de sciences politiques permettrait d’aborder la question des sondages (donc de reprendre l’article de Bourdieu) et la psychologie sociale. C’est une chance.

      Pas d’épreuve au bac, d’accord mais alors il faut réduire mon ambition de départ et proposer un enseignement d’une heure hebdomadaire par élève à la place de l’ecjs : on augmente d’une demi-heure le volume horaire des élèves, on ne touche pas à celui des profs. Un enseignement non évalué au baccalauréat ne peut pas prendre plus de place dans l’emploi du temps des élèves. Une heure c’est déjà pas mal. Ou alors on limite cette option sciences po à la classe de première pendant 2h, on libère ainsi du temps pour la classe de terminale ce qui permet aux élèves de se concentrer sur les seules épreuves du baccalauréat.

      Répondre à ce message

    • Propositions de Jacques Lattuter 9 mai 2009 17:21

      Message du webmaster : suite à une erreur malencontreuse, lors de l’élimination des nombreux spams, le message de Sos Forever a été effacé.
      Celui ci est invité à réécrire ce message.
      Avec toutes mes excuses.
      LB

      Répondre à ce message

  • J’apporte mon soutien à une proposition qui ne manque pas de pertinence 2 mai 2009 23:03, par marielle Kneblewski

    Je suis parfaitement en accord avec Jacques Lattuter notamment sur l’ECJS. Un bon cours de sciences politiques est bien plus structurant pour construire la citoyenneté qu’une séance d’ECJS articulée par des débats dont le contenu est très peu approfondi , acceptons de l’admettre officiellement !
    Pour ma part, j’ai souvent enseigné l’ECJS en filière littéraire et scientifique et je pense que J.Lattuyer a raison : nous apportons peu par rapport à l’option sciences politiques, les élèves sont les premiers à nous le dire( en confidence).

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales