Recommandations de l’inspection générale des Sciences Économiques et Sociales concernant l’harmonisation de l’évaluation des épreuves écrites et orales de Sciences Économiques et Sociales au baccalauréat ES.

1998


I) EPREUVES ECRITES

L’harmonisation de la notation aux épreuves écrites du baccalauréat est fixée par la note de service n° 95-113 publiée dans le B.O. n° 20 du 18 mai 1995, Il est recommandé aux enseignants de s’y reporter. Le présent texte a pour seul objectif de préciser les modalités d’application de ce document pour les Sciences Economiques et Sociales.

1.1 Organisation de la procédure d’ harmonisation de la notation

La procédure précitée comporte pour les correcteurs l’obligation de participer à une réunion d’entente et à une réunion d’harmonisation.

- La réunion d’entente comprend deux phases distinctes. Dans une première demi-journée est constituée une commission restreinte regroupant un représentant de chaque centre de jury ou , dans les grandes Académies, de chaque département. Cette commission restreinte élabore, au vu des indications de correction fournies par le concepteur du sujet, des consignes d’évaluation qui seront transmises à tous les correcteurs de l’Académie. Ces consignes indiqueront clairement les éléments de réponse exigibles et ceux qui méritent d’être valorisés, étant entendu que l’élève qui répond de manière satisfaisante aux seules réponses « exigibles » doit pouvoir obtenir la note maximale. Cette commission proposera également des indications de correction pour la dissertation et précisera les modalités d’application du barème prévu pour l’épreuve de synthèse.

Dans la seconde demi-journée, la commission d’entente est élargie à l’ensemble des correcteurs de l’Académie. Elle a pour objectif de travailler sur des copies tests de manière à affiner les critères de correction élaborés dans la première phase, en tenant compte à la fois du niveau réel des copies et des différences d’évaluation entre correcteurs. Ce travail doit permettre une explicitation des critères de correction de chacun et doit déboucher sur une grille d’évaluation commune à l’ensemble des correcteurs.

- La réunion d’harmonisation a lieu en fin de correction et doit permettre de procéder, au vu de la répartition des notes et des moyennes de chaque correcteur, à des ajustements ultimes pour tenir compte éventuellement d’écarts de notation anormaux. Dans ce cadre, il peut être envisagé une seconde correction, notamment pour des copies considérées comme atypiques. Les réunions d’harmonisation se déroulent dans les centres de jurys ou au niveau départemental.

Ces deux réunions sont présidées par l’Inspecteur pédagogique régional de l’Académie ou par des professeurs qu’il aura désignés.

Par ailleurs, une permanence téléphonique est organisée pendant la période de correction.

Elle cherche à répondre à deux attentes ; d’une part, aider les collègues qui rencontreraient des problèmes particuliers de correction ; d’autre part, procéder à un premier échange sur la distribution et la moyenne des notes. Il importe donc que tous les correcteurs communiquent aux collègues assurant cette permanence des informations sur leur distribution de notes et leur moyenne après première lecture des copies. L’organisation de la permanence téléphonique est placée sous la responsabilité de l’Inspecteur pédagogique régional de l’académie.

1.2 Recommandations concernant l’ évaluation des élèves

1.2.1 Epreuves de tronc commun

Aussi bien pour la dissertation que pour l’épreuve de synthèse, il est recommandé d’utiliser toute la gamme des notes et de ne pas en rester au seuil de notation 8-12. En effet, une notation autour de la moyenne a pour effet d’être peu discriminante et de réduire l’influence de la discipline dans les résultats de l’examen. De plus, elle empêche de bons élèves d’obtenir le niveau de mention qu’ils mériteraient.

Il est également rappelé que la notation ne peut procéder de manière exclusivement soustractive en se contentant de sanctionner les divers manquements des candidats aux canons de la dissertation ou de l’épreuve de synthèse ; elle se doit aussi de valoriser - par ajout de points - les qualités particulières révélées par des copies qui dépassent, sur tel ou tel plan, les exigences minimales fixées par la commission d’entente.

La dissertation a pour objectif d’évaluer quatre grandes compétences :

- la capacité à élaborer une problématique permettant de répondre à la question posée et à construire un plan adapté, cohérent et équilibré ;

- la capacité à mobiliser les connaissances portant sur les faits, concepts, outils et mécanismes économiques et sociaux élémentaires ;

- la capacité à conduire un raisonnement rigoureux s’appuyant sur une confrontation raisonnée des grilles de lecture théorique et des données empiriques ;

- la capacité à utiliser les informations documentaires pertinentes par rapport à la problématique choisie.

Dans ce cadre, on valorisera toute copie qui fera une exploitation approfondie des documents essentiels. Mais on ne sanctionnera pas un élève qui n’aurait pas utilisé tel ou tel document périphérique par rapport à sa problématique. Il importe en effet de garder à l’esprit que les documents proposés dans le dossier doivent être davantage considérés comme une ressource pour aider l’élève à étayer son argumentation que comme une contrainte destinée à rendre son travail plus difficile.

Par ailleurs, si la dissertation doit respecter certaines formes (une introduction, des parties distinctes, des transitions, une conclusion), en revanche, l’élève conserve la liberté de faire apparaître ou non dans son devoir les titres des parties ou sous parties constituant son plan.

Les correcteurs ne doivent en aucun cas privilégier ou sanctionner l’une ou l’autre de ces pratiques qui correspondent à des orientations pédagogiques différenciées des enseignants en ce domaine.

On admettra de même que l’élève puisse insérer à l’intérieur de son développement ou à la fin de son devoir - sous forme d’annexe des schémas ou des graphiques permettant d’illustrer son argumentation. Cette pratique ne le dispense pas de l’obligation de rédiger entièrement son devoir.

Enfin, s’il est conseillé aux élèves d’indiquer dans leur développement la référence des documents utilisés, ils ne sauraient être pénalisés pour ne pas avoir respecté cette règle de pure forme.

La question de synthèse a pour objectif d’évaluer principalement deux grandes compétences :

- la capacité de l’élève à analyser des documents de différente nature et à mobiliser des connaissances précises en rapport avec ces documents ;

- la capacité à synthétiser les informations issues du travail préparatoire en les complétant par des connaissances personnelles et à organiser l’ensemble de manière structurée.

Chaque question du travail préparatoire porte sur 1, 2 ou 3 points. Il est souhaitable que la notation des correcteurs soit discriminante et que ne soit pas attribuée systématiquement, faute de vouloir trancher, une note moyenne à chacune de ces questions. Par ailleurs, dans les cas où la formulation de la question peut donner lieu à plusieurs interprétations, on admettra qu’il peut exister plusieurs réponses justes.

L’intitulé de la question de synthèse fournit à l’élève le plan à suivre pour l’élaboration de sa réponse. Il sera donc évalué principalement sur sa capacité à structurer de manière cohérente chacune des parties de son devoir. Par ailleurs, sa réponse devra à la fois reprendre certains éléments du travail préparatoire et des connaissances personnelles (le dossier documentaire ne permettant pas, en général de couvrir tous les aspects de la question).

Cette synthèse sera de l’ordre de trois pages correspondant à une écriture moyenne. Cette règle sera appliquée avec souplesse en tenant compte de la nature de la question posée, de la pertinence des éléments de réponse apportés par l’élève, et enfin, bien sûr, de la taille de l’écriture (une marge de tolérance d’une page et demie apparaît raisonnable). En revanche, les développements hors sujet, les digressions, ou les répétitions seront sanctionnés.

1.2.2 Épreuve de spécialité

L’architecture de la nouvelle épreuve de spécialité a été définie par la note de service 97-l64 publiée au BO n°30 du 4 septembre 1997. Par ailleurs, des recommandations complémentaires, élaborées dans le cadre des journées d’information de l’IGEN ont été diffusées dans chaque établissement scolaire par les Inspecteurs pédagogiques régionaux On se contentera donc ici d’en rappeler les points essentiels en matière d’évaluation.

Selon la note de service précitée, les sujets peuvent comporter un ou deux documents et deux ou trois questions. Cependant, pour la session du baccalauréat 1998, il a été décidé de proposer des sujets comportant trois questions obéissant à la logique suivante :

- La question « 1 », notée de 8 à 10 points, a pour objectif de vérifier que les élèves maîtrisent des connaissances de base sur la thèse de l’auteur référencé dans le programme de l’enseignement de spécialité et qu’ils sont capables de les mettre en relation avec le document correspondant. On attend de l’élève une approche synthétique.

La question est formulée dans des termes très généraux ; « À l’aide de vos connaissances et du document... ». En conséquence, les parts respectives des connaissances et des développements consacrées à l’étude du texte d’auteur pourront donc être variables selon les types de questions, la nature des documents proposés et les choix opérés par l’élève. Un élève qui a bien assimilé son cours sans nécessairement maîtriser toutes les subtilités du texte d’auteur, doit pouvoir obtenir une très bonne note à cette première question

- La question « 2 » a pour objectif de vérifier la capacité de l’élève à expliquer un passage particulier du texte de l’auteur. Cette réponse pourra être présentée sous différentes formes : rédaction, schémas, calculs.... On privilégiera ici la capacité d’analyse et de compréhension du texte plus que les connaissances en tant que telles.

- La question « 3 » a pour objectif de vérifier la capacité du candidat à mettre en relation la thèse de l’auteur avec des analyses ou problèmes plus contemporains. Concrètement deux cas de figures peuvent se présenter :

1) le sujet comporte deux documents : il sera demandé à l’élève de mettre en relation le second document avec la thèse de l’auteur.

2) le sujet ne comporte qu’un seul document : l’élève est invité à exposer, selon son choix, un nombre limité d’exemples et/ou analyses permettant d’illustrer ou de relativiser la thèse de l’auteur.

Compte tenu de la variété des prolongements réalisés par les différents collègues et des multiples interprétations auxquelles se prête très souvent la pensée des auteurs classiques, les correcteurs devront faire preuve d’ouverture d’esprit et d’une grande tolérance.

II) EPREUVES ORALES DE CONTROLE

2.1. Constitution et utilisation d’une banque académique de sujets pour l’oral de contrôle

Il est souhaitable que toutes les Académies constituent deux fascicules de sujets pour l’oral :

Un premier, pour les élèves n’ayant suivi que l’enseignement obligatoire, un second, pour les élèves ayant choisi l’enseignement de spécialité de sciences économiques et sociales.

Deux modalités peuvent être envisagées pour la constitution de ces banques de sujets :

1) tous les collègues de l’Académie envoient des sujets au groupe de pilotage désigné par l’Inspecteur pédagogique régional ; ces propositions sont ensuite soumises à une commission académique qui est chargée de les trier et de les améliorer. Les sujets faisant l’objet d’un consensus au sein de la commission sont diffusés à l’ensemble des examinateurs. La composition des commissions restreintes est renouvelée par moitié tous les deux ans.

2) tous les collègues apportent des propositions de sujets lors de la commission d’entente « élargie »et le choix des sujets retenus pour la « banque académique » se fait à cette occasion.

Dans les deux cas de figure, les examinateurs sont tenus d’utiliser exclusivement des sujets provenant de cette banque, mais ils peuvent opérer une sélection en son sein.

NB : pour élaborer les sujets d’oraux, les collègues consulteront la note de service n° 95225 publiée au B.O, n° 48 de décembre 1995 qui précise les savoir-faire exigibles servant de référence aussi bien aux sujets d’écrit qu’aux sujets de l’oral de contrôle.

2.2. Déroulement de l’épreuve orale

Il est demandé aux examinateurs d’afficher la partie de la note de service n° 97-164, publiée au B-O- n° 30 du 4 septembre 1997, qui concerne les modalités de l’épreuve orale de contrôle aux portes des salles d’examen afin d’informer les candidats de leurs droits et de leurs devoirs et d’éviter ainsi toute contestation ultérieure.

Chaque examinateur veille à proposer deux sujets portant sur des thèmes différents du programme. Le candidat traite l’un des deux sujets mis à sa disposition pour la durée de l’épreuve. Les réponses aux questions « intermédiaires » qui accompagnent le sujet peuvent être faites soit avant l’exposé principal soit en cours d’exposé, sans que le candidat puisse être sanctionné pour avoir privilégié l’une ou l’autre de ces possibilités.

Par ailleurs, il conviendra d’éviter d’interroger le candidat, lors de l’entretien, sur un nouveau sujet qu’il n’aurait pu préparer.

Il est rappelé également que l’enseignant ne doit pas demander au candidat la note qu’il a obtenue à l’écrit ni faire des remarques désobligeantes sur l’enseignement qu’il a reçu. Le livret scolaire mis à la disposition du jury lors des délibérations ne doit pas être consulté par l’examinateur avant qu’il n’ait mis sa note.

Enfin, chaque examinateur tiendra un registre des sujets qu’il a proposés à chaque candidat accompagné de ses remarques de façon à pouvoir justifier sa notation en cas de contestation.

Le 09-04-1998, Le doyen de l’Inspection générale des Sciences Economiques et Sociales, Bernard Simler

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