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Ouverture des Assises : Sylvain DAVID président de l’Apses

Assises de l’enseignement des SES - 16 mai 2009


Je souhaite la bienvenue à tout le monde pour ses Assises des Sciences Economiques et Sociales. Je dois dire qu’on est assez heureux de voir le nombre d’inscrits pour cette journée, puisque nous serons plus de 80 entre la matinée et l’après-midi. La proposition a recueilli un écho favorable parmi les collègues de SES et au-delà. Je voudrais commencer ces Assises en rappelant le contexte dans lequel elles se situent. Vous le savez la première partie de l’année a été assez agitée. Entre le mois d’octobre et le mois de décembre, les SES sont passées de l’ombre à la lumière. L’ombre fin octobre au moment des premières annonces concernant la réforme des lycées, et puis la lumière en décembre 2008. Le 3 décembre nous nous sommes retrouvés un certain nombre dans ces locaux [la bourse du travail, Paris]. Je pense qu’on peut tous dire qu’il y a eu une mobilisation exceptionnelle des enseignants de SES, qui ont bénéficié d’un soutien très fort et très large et je pense que ce n’est pas à négliger dans le résultat que nous avons obtenu, certes temporairement : la déclaration de Xavier Darcos à la radio le jeudi 11 décembre, « les lycéens ont besoin de sciences économiques et sociales », et le dimanche 14 décembre, dans le Journal du dimanche, le ministre annonce qu’il souhaite faire figurer les sciences économiques et sociales dans les enseignements communs en classe de seconde.

Evidemment à la suite de cela il y a eu le report de la réforme des lycées. Certains disent aujourd’hui que c’est la faute des SES ! On veut bien prendre notre part de responsabilité, mais elle n’est pas à chercher seulement de notre côté. Toujours est-il qu’on peut considérer que la reconnaissance institutionnelle officielle qu’on a obtenue en décembre de l’année dernière n’est pas négligeable. Je crois qu’elle était attendue depuis un certain nombre d’années par une grande partie d’entre nous. Je crois qu’il faut absolument capitaliser les déclarations et dire clairement qu’il n’y aucune raison que ce qui était valable et souhaitable pour des lycéens en décembre 2008 ne le soit plus aujourd’hui et demain dans le lycée qui est en construction. On peut considérer que les lycéens ont besoin de Sciences Economiques et Sociales et que c’est sur cette base que l’on doit travailler.

On considère que le report de la réforme des lycées doit constituer une occasion pour nous d’engager un travail de réflexions qui doit aboutir à des propositions. Des propositions partagées par le plus grand nombre, évidemment au sein des enseignants de SES mais au-delà avec des partenaires « naturels » avec plein de guillemets que sont notamment les chercheurs, universitaires des disciplines de référence pour les sciences économiques et sociales. Il faut qu’on s’appuie sur ces principes partagés et que l’on voit quelles sont les pistes d’évolution qui pourraient améliorer les conditions d’apprentissage pour les élèves, améliorer les conditions de travail pour les collègues, et sans doute donner un nouvel élan, une nouvelle dynamique pour notre enseignement. C’est pour cela que nous avons souhaité partager cette réflexion en deux temps. Un premier temps pour dresser un état des lieux. Nous sommes bien conscients des biais que peut contenir ce genre d’exercice mais nous souhaitions réaliser une enquête en ligne, sans avoir pour objectif de révéler une vérité cachée mais plutôt susciter les échanges, les discussions entre collègues. Marjorie Galy présentera les résultats de cette enquête. Il y a eu des débats dans les académies et nous souhaitons que les responsables de régionales puissent témoigner de ce qui s’est dit. Cela occupera notre matinée. Le deuxième temps nous permettra de voir, avec différents partenaires, quelles sont les voies d’orientation possibles. Nous avons rencontré les responsables des associations, notamment l’Association Française de Sociologie, l’Association Française de Science Economique, l’Association Française de Science Politique. Il y aura des représentants de chacune de ces associations qui interviendront cet après-midi.

Lors de nos discussions avec ces associations, il y avait des pistes que nous souhaitions privilégier. Il y a la question récurrente de l’allègement des programmes : Est-ce souhaitable ? Est-ce envisageable ? Est-ce réalisable ? Il y a aussi la question de la clarification des apports disciplinaires dans le cadre de notre enseignement. Cela nous amènera sans doute à aborder la question des compétences : doit-elle être rejetée à priori, ou bien intégrée dans le cadre de nos réflexions, et si oui comment ? Voila des pistes à développer. Et puis la troisième grande orientation – même si évidemment c’est une liste non exhaustive – c’est la question de l’initiation aux méthodes. Nous avons des interrogations – c’était une proposition qui émergeait dans le rapport d’audit : enseigner les sciences sociales, cela veut peut-être dire enseigner les méthodes propre à ces sciences sociales. Est-ce une piste à suivre et si nous souhaitons la suivre, dans quel cadre doit on le faire et avec quels objectifs ? Cela nous amènera aux modes d’évaluations de notre enseignement.

Cette journée ne tombe pas par hasard. Il y a eu deux autres moments de réflexion dans l’année. Nous essayons de faire jouer à l’Apses ses rôles. Elle a joué son rôle à plein, en termes de revendications, de militantisme, d’opposition à des réformes qu’on ne souhaitait pas. Elle a réussi à se faire entendre sur des souhaits formulés, maintenant il y a aussi un autre registre sur lequel on doit se situer : être une force de proposition et être en capacité, au moment ou Richard Descoings va clore sa récolte de la parole du terrain, d’être capable d’apporter notre propre contribution à l’élaboration du lycée du XXIe siècle. C’est bien le sens que nous souhaitons donner à cette journée, et je dois dire que je suis assez heureux de voir comment, quand j’ai sollicité différents intervenants ils m’ont tout de suite dit oui. Le premier, Claude Lelièvre, qui m’a tout de suite dit « évidemment je serai là », alors qu’il a passé la semaine au Liban et qu’il est rentré hier soir. Donc je le remercie vivement d’être venu ce matin pour intervenir à ces assises. Jérôme Deauvieau qui interviendra en fin de matinée pour apporter son regard analytique sur ce que l’on peut dire des pratiques d’enseignement en sciences économiques et sociales. J’ai eu une réponse quasi immédiate et favorable du doyen de l’inspection, Jean Etienne. Je tiens à souligner que c’est un message fort envoyé par l’inspection générale, parce que je ne pense pas que faire ce travail en commun aurait pu être envisageable il y encore quelques mois de cela. Je pense que si on arrive à être rassembler autour des SES, même si évidemment on peut avoir des divergences ponctuelles, mais je crois que c’est important vis-à-vis de l’institution d’être en capacité de s’entendre sur des propositions communes. Jean-Michel Charpin et Philippe Cibois ont tout de suite accepté de venir. L’AFSP a du gérer avec les disponibilités de ses responsables, mais ils ont également accepté immédiatement. Et Roger Guesnerie m’a dit oui évidemment, il est toujours soucieux de savoir comment les collègues de SES continuent de percevoir sa contribution à l’évolution de notre enseignement, et je crois que c’est très important qu’il soit là, pour qu’il puisse entendre ce qui se dit et qu’il nous dise ce qu’il en pense. Plusieurs personnes qui souhaitent être excusés de ne pas être là : Jacques Guin, Jean-Luc Gaffard, Christian Baudelot, Dominique Plihon, Bernard Lahire, Philippe Meirieu, Michel Lallemand, Philippe Frémeaux, Isabelle Knock-Meo qui ne peut pas être là, mais Jacques Lenain sera là donc le CODICE viendra assister à ces Assises et je trouve que c’est une bonne chose.

Je tiens à remercier tous les intervenants, et à remercier Marjorie Galy et Rémi Jeannin en ce qui concerne l’organisation matérielle de cette journée. Je laisse la parole à Claude Lelièvre pour entrer tout de suite dans le vif du sujet.

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