articles de la même rubrique

Compte-rendu de la rencontre Apses-Snes du 15 décembre 2010

L’APSES a été reçue par le SNES mercredi 15 décembre [1].

1. Structures en seconde : le Statut d’enseignement d’exploration

L’APSES a rappelé les difficultés auxquelles étaient confrontées les collègues du fait du statut particulier d’enseignement d’exploration des SES en classe de seconde. D’après les premières informations récoltées, plus de la moitié des collègues n’ont ni dédoublement ni groupes réduits. Dans certains établissements, l’évaluation chiffrée n’est parfois pas permise ou pas prise en compte dans la moyenne des élèves. Le volume horaire de 90 minutes par semaine est très largement insuffisant, notamment du fait d’un programme excessivement chargé. Au total, ces éléments aboutissent à une dilution des savoirs, un manque d’appropriation des savoir-faire ou une moindre motivation des élèves.

L’APSES a expliqué le statut particulier des SES par rapport à des enseignements d’exploration rattachés à une ou plusieurs disciplines déjà présentes dans le tronc commun, et a rappelé sa demande d’intégration en tronc commun, avec un volume horaire suffisant et des dédoublements nationaux.

Le SNES a convenu du statut particulier des SES au même titre que les enseignements technologiques en tant qu’enseignement d’exploration. Il a rappelé qu’il demandait le rétablissement d’un cadrage national par discipline des dédoublements, et que le volume horaire des enseignements d’exploration devait être de 2H minimum. Le SNES demande que chaque élève puisse être confronté à des problématiques économiques et sociales en classe de seconde, et non pas à un enseignement qui se réduise à la seule économie.

2. Structures et programmes dans le cycle terminal

a. Programme de première

L’APSES a d’abord rappelé l’ampleur inédite du rejet de ce programme auprès des collègues (près de 2.500 professeurs ayant à ce jour demandé un moratoire sur l’application du programme). L’APSES a rappelé les plus gros défauts de ce programme : encyclopédisme et recentrage notionnel aride, structuration basée sur un découpage strict entre approche économique et approche des autres sciences sociales au lieu d’une approche thématique plus cohérente pour donner du sens aux apprentissages, absence de débats et controverses dans les programmes, recul des questions de société et de l’objectif de formation de culture générale.

Le SNES a fait part de ses convergences d’analyse, et a rappelé avoir voté contre ce programme lors du CSE de juillet.

b. Programme de terminale

L’APSES a fait part de ses inquiétudes quant au futur programme de terminale si celui-ci devait poursuivre les orientations constatées en première.

Le SNES a précisé le calendrier prévisionnel de parution de l’ensemble des programmes de terminale :

- Publication du premier projet de programme avant les vacances d’hiver
- Fin de la consultation avant les vacances de printemps
- CSL en juin
- CSE en juillet
- Publication des programmes au BO en août

c. Structures en première et terminale

L’APSES et le SNES partagent la nécessité du maintien d’un cadrage national par discipline des dédoublements.

d. Options du cycle terminal

L’APSES a déploré la perte de la spécialité langue dans la série ES. Le SNES a regretté que cette suppression se soit faite sans réflexion sur le profil des élèves qui choisissaient cette option, et a craint qu’elle se traduise par une moindre attractivité de la série ES.

L’APSES a rappelé son opposition au découpage des SES en deux options en terminale en « économie approfondie » d’une part et « sciences sociales et politiques » d’autre part. Elle a fait part de l’incohérence de l’offre des options en terminale. Les élèves souhaitant poursuivre en CPGE ou facultés d’Economie-gestion choisiront-ils la spécialité en Mathématiques, ou Economie approfondie ? Et comment expliquer la suppression de l’option Science politique en première lorsque l’on sait que les IEP et les études de droit constituent un débouché particulièrement attractif pour les bacheliers ES ?

L’APSES a rappelé ses demandes de rétablissement de l’option de langues, et du maintien d’un volume horaire de deux heures et non 1H30 comme le prévoit la réforme.

e. Droits et grands enjeux du monde contemporain

L’APSES a rappelé qu’elle était prête à participer à l’enseignement de droit et grands enjeux du monde contemporain s’il intégrait des problématiques de sciences économiques et sociales, et a déploré ne pas avoir été invité dans le groupe d’experts chargé de l’élaboration du programme.

[1] L’APSES était représentée par Nicolas Kemoun et Erwan Le Nader, le SNES par Roland Hubert, Valérie Sipahimalani et Jose Pozuelo

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales