articles de la même rubrique

11 associations d’universitaires refusent « la liquidation des sciences économiques et sociales »

Communiqué de presse de l’APSES du 2 mars 2011


Mediapart a publié lundi 28 février l’appel d’une large palette d’associations d’universitaires en sciences sociales contre le projet du Ministère de « refonder » les SES au lycée. Economistes, sociologues, politistes, anthropologues, statisticiens et historiens, tous défendent d’autres principes pour la confection des nouveaux programmes de SES et demandent un moratoire et une refonte du nouveau programme de première qui doit s’appliquer à la rentrée 2011. Cette quasi unanimité des associations de spécialistes montre, qu’au-delà d’un nouveau programme, c’est à une véritable tentative de refondation des SES que l’on assiste, remettant en cause les principes qui font pourtant le succès de cet enseignement auprès des lycéens. Les signataires l’ont bien compris lorsqu’ils insistent, dans leurs recommandations, tant sur la démarche pédagogique rustre que sur les défaillances didactiques de ce programme. Ils rappellent ainsi l’importance des faits et de l’histoire, la nécessité des allers-retours entre les faits et les théories et du pluralisme théorique et disciplinaire, trois principes essentiels qui font défaut dans le programme du ministère.

Leur demande rejoint ainsi celle des 2.500 professeurs de SES (soit un enseignant sur deux) qui, depuis juin 2010, ont signé une pétition demandant la réécriture des programmes par un nouveau groupe d’experts.

Alors même que le nouveau programme prétend se réclamer dans son préambule du rapport de la commission dirigée en 2008 par Roger Guesnerie, cette nouvelle prise de position d’associations représentatives de la communauté scientifique fait écho aux critiques qu’il a lui-même récemment formulées [1], déclarant que « c’est à tort qu’on sollicite les conclusions de notre rapport pour justifier ce programme », ajoutant que le nouveau programme s’apparente à une « sorte de caricature de la vision universitaire de l’enseignement des SES ». Le Ministère devrait méditer sa recommandation : « Il aurait été préférable de lancer un grand appel d’offre et de prendre le temps de solliciter toute la créativité et l’imagination des enseignants du secondaire et des universitaires. »

Il relève maintenant de la responsabilité du Ministre de l’Education Nationale d’accéder aux demandes répétées des universitaires et des enseignants et de prononcer un moratoire sur la mise en place d’un programme qui a dorénavant perdu toute légitimité et ne pourra pas être appliqué dans les classes à la rentrée prochaine.

Contacts :

Marjorie Galy – Présidente - marjorie.galy@wanadoo.fr Rémi Jeannin - Vice-président - jeannin.remi@gmail.com Erwan Le Nader – co-secrétaire général - erwan.le.nader@gmail.com Patricia Morini - co-secrétaire générale - patricia.morini@laposte.net

[1] Débat organisé par l’Ecole de Paris du Management le 18 octobre 2010

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales