Etats Généraux des SES : Ouverture

Par Marjorie Galy, présidente de l’APSES

Bonjour à tous. Merci à tous pour votre présence à ces États généraux des sciences économiques et sociales que l’APSES a décidé d’organiser face aux régressions qui pèsent actuellement sur l’enseignement de SES et sur la série ES. Il y a en effet un vrai paradoxe des SES. C’est un enseignement plébiscité par les élèves. Depuis son introduction en 1967 au lycée, le pourcentage d’élèves qui suit cet en-seignement n’a fait que croître. Il n’y avait qu’un peu moins de 15 000 élèves en Terminale B lors du premier bac il y a quarante ans, ils sont aujourd’hui près de 100 000 et la série ES est le deuxième baccalauréat général en termes d’effectifs après le bac S. Mais au-delà du succès quantitatif, l’attrait de cette discipline a été mis en évidence lors de la grande enquête nationale commandée par le ministère de l’Education nationale et dirigée par Philippe Meirieu en 1998. Il apparaît dans cette enquête que « les lycéens de la série économique et sociale ne présentent pas de dichotomie entre les connaissances qu’ils jugent importantes pour leur vie personnelle et celles qu’ils destinent à leur vie professionnelle : ce sont les mêmes. Le rapport précise même que cette harmonie est la spécificité des bacheliers et de conclure : la filière ES est donc une réussite ». La série ES est aussi un succès car ses bacheliers accèdent à des études diversifiées dans lesquels ils connaissent des taux de réussite élevés y compris dans les filières sélectives. Pourtant, avec la réforme du lycée, cet enseignement et la série ES payent un lourd tribut en termes de réduction horaire de la seconde à la terminale et les SES sont relégués au statut d’enseignement d’exploration en seconde. Au total, un bachelier ES aura perdu 25 % d’enseignement en SES au cours de sa scolarité. Ces reculs fragilisent la place de notre enseignement qui a toujours du mal à être pleinement reconnu par l’institution au moment même où la crise économique rend pourtant plus que jamais nécessaire la diffusion d’une culture économique et sociale pour tous. En plus de ces questions que soulève la place précaire des SES au lycée les nouveaux programmes de SES font l’objet d’un rejet massif au sein de notre profession, le ministère ayant demandé au groupe d’experts une ré-orientation des programmes et des finalités des SES. C’est pourquoi nous avons choisi d’organiser ces États généraux autour de deux tables rondes :
- ce matin une table ronde sur la place des SES au lycée
- et cet après midi sur les programmes d’enseignement.

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