Rapport d’orientation 2004-2005

L’enseignement des Sciences Economiques et Sociales et la filière E.S ont été une nouvelle fois menacés par un projet de réforme du lycée. La mobilisation des professeurs de S.E.S a permis de maintenir le statut de la filière E.S en seconde et au lycée mais dans une situation qui ne nous satisfait pas. Il convient par conséquent de rester vigilant et de faire reconnaître véritablement et définitivement la place des S.E.S au lycée à la fois par notre action mais aussi notre capacité à faire évoluer notre enseignement et nos pratiques.

La place des Sciences Economiques et Sociales en seconde.

L’enseignement des S.E.S reste toujours le seul enseignement dominant d’une filière qui a un statut d’option en seconde. A la suite de l’action de l’A.P.S.E.S, les SES restent un enseignement de détermination en seconde mais nous continuerons notre action de promotion des SES pour que cet enseignement fasse partie du tronc commun de l’enseignement général en seconde, avec un horaire décent. Il s’agit de contribuer à la formation économique et sociale de tous les lycéens et de permettre une véritable orientation des élèves en seconde. L’action de l’A.P.S.E.S contre la loi d’orientation sur l’école a permis de rendre plus visible la filière ES. L’Association devra poursuivre son action pour que la place de la filière soit définitivement reconnue au lycée et nous nous attacherons notamment à obtenir le soutien des syndicats sur cette question.

Les dédoublements et les méthodes actives

La loi d’orientation laisse présager la suppression des dédoublements (sauf en langues vivantes) à la rentrée 2006. Nous n’acceptons pas une mesure qui nous semble davantage dictée par des considérations financières que pédagogiques. Nous avons exprimé ce refus lors du mouvement des professeurs de SES et nous l’avons justifié par la réalisation d’un recueil de T.D. Le BN propose que ce document, éventuellement enrichi, serve de point d’appui pour la suite de l’action sur les dédoublements. Ce recueil pourrait donner lieu à une publication répondant à l’objectif de mutualisation des pratiques pédagogiques. Plus généralement, il conviendrait de développer notre réflexion sur "les méthodes actives". Lors des Assises du 12mars 2005 organisées par l’APSES, des chercheurs en Sciences Sociales ont esquissé une évaluation de ces méthodes pédagogiques. Ils ont réfléchi à la manière de mieux répondre aux besoins des élèves et notamment des élèves en difficultés. Le prolongement de cette réflexion pourrait constituer le temps fort du prochain stage national ou d’une Université d’été.

Contenus et programmes.

La nouvelle loi d’orientation envisage la création d’une option de droit et de gestion d’entreprises en Première ES. Il s’agit, selon le Ministère, de mieux profiler les filières du lycée. Lors du mouvement des professeurs de S.E.S, l’A.P.S.E.S a manifesté son opposition à cette nouvelle option et notamment à l’enseignement de la gestion des entreprises. Cet enseignement, ne correspondant pas à un enseignement de culture générale, ne servirait pas l’intérêt des élèves de ES ni dans l’amélioration de leurs compétences pour le post bac, ni au regard des projets d’orientation souvent confus et difficiles pour une grande partie d’entre eux. La mise en place de cette option en série ES entrerait directement en concurrence avec la nouvelle orientation de la filière STG et pourrait brouiller les cartes des élèves les moins aidés dans leur choix d’orientation. En revanche, certains collègues de SES ont exprimé des positions plus nuancées en ce qui concerne l’enseignement du droit, d’autant que ce projet semble appuyé par l’Inspection Générale. Le Bureau National souhaite que les adhérents, lors des Assemblées Générales des régionales, se prononcent sur cette question et répondent précisément à la question suivante :

Au regard des contenus actuels de l’enseignement de S.E.S l’introduction d’un enseignement spécifique de droit vous paraît-il justifié ? OUI/NON Si oui : sous quelle forme ? (option ou inclus dans les programmes en vigueur) ; à quel niveau (première, terminale) ; avec quels contenus et quels objectifs ?

Enfin des réunions académiques semblent montrer la volonté de l’Inspection d’orienter les programmes sur quelques « fondamentaux » : des notions et mécanismes qui feraient consensus notamment en Sciences Economiques. L’APSES devra se saisir de cette question et définir sa position.

Programmes et évaluation.

L’A.G de Nice s’est prononcée pour une réduction effective du programme de terminale (de l’ordre d’un tiers du programme). L’action de l’A.P.S.E.S contre le projet de loi d’orientation n’a pas permis d’agir pour obtenir cette réduction. Nous avons cependant rappelé cette demande lors de nos différents entretiens et avons souvent rencontré l’écoute voire l’assentiment de nos interlocuteurs. L’A.G 2005 devra s’interroger sur la méthode à adopter pour obtenir satisfaction sur ce point. La question des programmes est liée à la question de l’évaluation. De plus en plus les enseignants constatent que les élèves ont des difficultés à s’approprier les connaissances, à mettre en oeuvre des méthodes pédagogiques variées, les méthodes des Sciences Economiques et Sociales ; ils se contentent trop souvent de réciter le cours et de se livrer à une compilation des auteurs. Ce constat rend indispensable le maintien du travail en petit groupes (voir le point 2) , la réduction des programmes (voir le point 3) mais il conviendrait de s’interroger sur l’évaluation du baccalauréat et faire une bilan sérieux de la dissertation et de la question de synthèse. L’A.G 2005 devra veiller à organiser le suivi des commissions de baccalauréat et à publier un document présentant l’ensemble des travaux des commissions de bac avec publication dans Apses-Info. Plus généralement l’APSES devrait engager un travail de réflexion sur l’évaluation et le bac qui sera sans doute un des chantiers ouvert par la nouvelle loi d’orientation

La formation continue et les partenariats

L’A.G de Nice avait émis des réserves sur l’état actuel de la formation continue en Sciences Economiques Sociales. Un collègue a rédigé « une charte » (publié dans Apse-Info) présentant les conditions selon lesquelles des actions de formation continue étaient efficaces et utiles pour les professeurs de S.E.S. L’APSES rappelle que la formation continue des professeurs de SES relève des missions de l’Education Nationale et non de démarches s’apparentant à du lobbying ; à ce propos, l’APSES réitère son opposition au partenariat unique entre l’Education nationale et l’Institut de l’entreprise (IDE) et à tout développement des stages longs en entreprises au moment où d’une part, la formation continue des enseignants est fortement réduite et s’envisage hors du temps de travail et d’autre part, le remplacement des professeurs soulève de vives polémiques et problèmes. Les récents échanges avec l’AFSE (Association Française de Sciences Economiques) permettent d’envisager des « partenariats » lors de l’organisation de stages nationaux ou académiques, voire d’universités d’été. L’Association envisage de développer ces partenariats et de prendre notamment contact avec l’OFCE : la participation de J.P.Fitoussi aux assises des Sciences Economiques et Sociales le 12 mars peut laisser entrevoir des ouvertures qui paraissent positives.

La vie de l’association

Lors de l’A.G de Nice, l’APSES s’était longuement interrogée sur la diminution constante des adhérents. L’action contre le projet de loi d’orientation et les nouvelles menaces sur notre enseignement se sont traduites par une augmentation de ces adhésions. Mais cette augmentation aurait pu être encore plus importante. Il convient donc de reprendre le travail pour faire de nouveau vivre les régionales en difficulté et développer les moyens de communication (Apses-info, 4 pages,…). Nous devons aussi nous interroger sur les moyens de renouveler les instances de direction de l’APSES et améliorer la fréquentation du Comité Directeur.

L’association, grâce au travail remarquable d’un collègue, dispose maintenant d’un site internet opérationnel. Il conviendra de constituer une équipe capable d’assurer la maintenance de ce site et de le faire vivre régulièrement. Enfin, il faudra que l’APSES prenne toute sa place dans l’Association Européenne de l’Economie (AEE) pour permettre de développer les échanges et la réflexion avec nos collègues européens.

Le bureau national.l

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