Orientations 2012/2013

Rapport d’Orientation 2012-2013

L’année 2011-2012 a été, une fois encore, particulièrement difficile pour les SES. La mise en place des nouveaux programmes et l’annonce des nouvelles épreuves sont des attaques particulièrement fortes contre notre enseignement. Si des points ont continué d’être marqués, à la fois du côté de la pertinence de notre argumentation, de notre capacité de mobilisation, et de l’ampleur des soutiens aux Sciences Economiques et Sociales (SES), nos efforts de dénonciation, d’explication et de mobilisation n’auront, à ce jour, pas été suffisants pour enrayer le rouleau compresseur de la réforme du lycée, des programmes et des épreuves de SES.

Mais la tenue des élections présidentielles est l’occasion de remettre ces questions au centre du débat démocratique. En 2012-2013, plus que jamais, le combat doit continuer, sans doute enrichi de nouvelles modalités d’action qu’il conviendra de définir.

1. PLACE DES SES AU LYCÉE « RÉFORMÉ »

1.1.En seconde

1.1.1. Intégration au tronc commun

L’horaire réduit à 1h30 et le statut d’enseignement d’exploration sont inacceptables sur le plan :
- des conditions de travail en classe, de la relation pédagogique qui nécessite du temps ;
- du nécessaire temps de concertation avec les collègues du groupe classe ;
- des conditions pédagogiques d’apprentissage ;
- des besoins de formation en sciences économiques et sociales des lycéens.

La demande d’intégration des SES dans les enseignements communs de seconde est un objectif prioritaire. Elle doit s’accompagner d’un volume horaire annuel de 3 heures élèves par semaine, dont une heure de Travaux Dirigés dédoublée (soit 2 heures en classe entière +1 heure en demi-groupe).

L’APSES continuera à porter cette demande pour que tous les lycéens de seconde suivent un enseignement annuel de SES,
- parce qu’il permet de faire découvrir l’enseignement « pivot » de la deuxième série du cycle terminal en termes d’effectif,
- au titre des connaissances , savoirs et savoir-faire spécifiques que cet enseignement apporte à la culture générale des lycéens pour leur formation citoyenne.

La réduction de l’horaire de SES au lycée, notamment en seconde, est à contre-courant des évolutions de nos sociétés contemporaines où les besoins démocratiques de formation scientifique et de compréhension rationnelle des questions économiques, sociales et politiques n’ont jamais été aussi grands.

1.1.2. SES et PFEG

Les enseignants de SES et d’Économie-gestion n’ont pas vocation à enseigner « indifféremment » les SES et les Principes Fondamentaux de l’Economie et de la Gestion (PFEG) en seconde, mais l’enseignement pour lequel ils ont été formés et qu’ils assurent dans le cycle terminal respectivement dans la série ES et dans la série STG.

Aussi l’APSES appelle les collègues de SES à refuser d’enseigner PFEG. En cas d’obligation de service

, si des enseignants devaient prendre en charge des groupes d’élèves en PFEG, au regard de la formation et des qualifications validées par leurs concours, ils ne pourront que mettre en œuvre la démarche des SES à partir des thèmes du programme de PFEG. Compte tenu de l’accroissement prévisible du nombre de classes de seconde dans les services,

l’APSES réitère sa demande qu’aucun service de professeur de SES ne soit composé principalement de classes de seconde.

Les enseignements du cycle terminal doivent être répartis équitablement.

L’APSES dénonce la nouvelle offensive idéologique du Ministère qui, dans sa circulaire de rentrée et dans un rapport ministériel, préconise d’offrir à « titre expérimental » en seconde « un enseignement à caractère économique mettant en jeu les éléments relevant à la fois des « sciences économiques et sociales » et des « principes fondamentaux de l’économie et de la gestion ». L’APSES rappelle aux collègues que l’expérimentation prévue au titre de l’article 34 de la loi Fillon n’autorise pas à déroger aux contenus des programmes de caractère national.

L’APSES demande la suppression de la disposition préconisant l’ « expérimentation » de la fusion SES/PFEG dans la circulaire de rentrée, appelle tous les collègues de lycée à faire refuser en conseil d’administration toute tentative de fusion et à signaler toute dérive au bureau national afin que des recours juridiques puissent être entrepris.

1.2. Cycle terminal et série ES

Concernant le cycle terminal, l’APSES réaffirme que

les SES doivent être l’enseignement pivot au sein d’une série ES cohérente

où s’expriment des complémentarités fortes entre le programme de SES et ceux des autres disciplines de la série. La diminution de l’horaire d’enseignement obligatoire et d’approfondissement en terminale ES est contradictoire avec la volonté affichée du ministère de mieux préparer les bacheliers à la poursuite d’études supérieures. La disparité des conditions d’attribution des groupes à effectifs réduits et de l’accompagnement personnalisé ne peut qu’entraîner des inégalités profondes entre les candidats au baccalauréat.

L’APSES demande le rétablissement des horaires de tronc commun à 6H en terminale, avec a minima 1H de dédoublement défini nationalement par niveau pour des séances de TD, particulièrement en salle informatique

, seules conditions pour que les élèves bénéficient de conditions d’apprentissage équitables sur le territoire et garantissant des épreuves nationales d’évaluation terminales. Cela permettrait, en outre, un rééquilibrage de l’horaire élève entre les séries S et ES.

La suppression des options en 1ère et l’offre réorganisée au rabais des trois enseignements distincts de spécialité au choix en terminale (1h30 seulement en classe de terminale au lieu de 2h en première et 2h en terminale précédemment et au lieu de 2 ou 3h dans les autres séries) apparaît particulièrement mal conçue. Les élèves souhaitant poursuivre en CPGE ou en faculté d’économie-gestion choisiront probablement un enseignement de spécialité en Mathématiques ce qui conduit à douter fortement de l’attractivité et de la raison d’être de la spécialité « Économie approfondie ». Par ailleurs, la séparation entre la spécialité « Économie approfondie » et la spécialité « Sciences sociales et politiques » est à contre-courant des réformes universitaires (dans de nombreuses maquettes de licence, la spécialisation est repoussée de la première à la troisième année) alors qu’une spécialité « Sciences Économiques et Sociales » aurait été un cadre propice pour la mise en œuvre d’une démarche de projet combinant les savoirs et méthodes de l’ensemble des sciences sociales, en prenant appui sur l’enseignement obligatoire de SES.

En conséquence, l’APSES demande d’aligner le volume horaire des enseignements de spécialité de la série ES sur celui des autres séries, que soit rétabli un enseignement de spécialité langues vivantes et repensé l’ensemble de l’offre des enseignements d’option et de spécialité dans le cycle terminal au regard de la cohérence de l’offre de formation en série ES et de la nature des débouchés post-bac ES.

Les SES ont aussi vocation à être présentes dans les séries littéraire et scientifique, à condition que cet enseignement conserve son caractère pluridisciplinaire et pluriparadigmatique et ne soit pas réduit à une liste de fondamentaux.

1.3. Pour un maintien de la spécificité des SES

Plus globalement, l’APSES dénonce tous les dispositifs qui contribueraient à nier la spécificité des SES et poser les jalons d’une fusion avec d’autres disciplines, et notamment l’Économie-gestion.

L’APSES prend acte que l’enseignement de « Droit et grands enjeux du monde contemporain » est exclusivement centré sur un enseignement de droit et que les enseignants de SES, n’ont pas collectivement vocation à l’enseigner sous la forme proposée.

2. ÉVOLUTION DES PROGRAMMES

2.1. Analyse de la situation actuelle

Un large consensus s’était dégagé pour dénoncer la dérive encyclopédique des programmes (professeurs de SES à travers l’enquête menée par l’APSES en avril 2009, Inspection générale, Rapport de la commission d’audit présidé par Roger Guesnerie en 2008, enquêtes de l’APSES sur le programme de terminale de 2002 en 2010 et sur l’application de la réforme en seconde en 2011), notamment ceux du cycle terminal. Cet encyclopédisme décourage la diversification des dispositifs pédagogiques, discrédite la qualité de leur traitement, occasionne un bachotage en terminale dont on peut faire l’hypothèse qu’il désavantage particulièrement les élèves les plus faibles à court et plus long terme (pour le bac et pour ce qu’ils retiendront comme postures, méthodes et savoirs véritablement acquis pour la poursuite de leurs études). Le diagnostic qu’une part importante d’adhérents formule est que cet encyclopédisme est lié à la façon même dont les programmes sont structurés. De moyens étayant la mise en œuvre des programmes, les notions sont devenues finalité, effaçant ou masquant de plus en plus les problématiques d’ensemble dans l’esprit des enseignants et des élèves.

2.1.1 Programme de seconde

Le nouveau programme de seconde n’échappe pas à cette tendance. Au contraire, la disparition des indications de mise en œuvre pédagogique aboutit à une offre pauvre voire nulle en matière de mise en œuvre de  méthodes des Sciences sociales ou de savoir-faire et postures intellectuelles à acquérir par les élèves. La réduction drastique de l’horaire alors que 8 questions doivent être traitées n’aura fait qu’amplifier l’encyclopédisme dès la classe de seconde, les enquêtes réalisée en décembre 2010 et en juin 2011 établissant que cet objectif n’est que très rarement atteignable, résultat que corroborent les déclarations de nombreux IPR. Plusieurs chapitres dénotent un recul du pluralisme ou proposent des questionnements éloignés d’enjeux contemporains.

Compte tenu de ces carences, l’APSES considère que ce programme de seconde n’est pas satisfaisant et doit être réécrit.

Par ailleurs, l’APSES demande à l’inspection de prendre en compte la disparité des situations locales d’enseignement créées par la réforme (indigence de l’horaire, effectifs réduits ou non). Cette disparité joue en effet sur les possibilités de mise en œuvre du programme ou de pratiques pédagogiques actives, ce que nous déplorons.

2.1.2 Programme de première

Bien que plus de la moitié des enseignants de SES ait signé un texte demandant un moratoire sur le nouveau programme de SES de première, et malgré le soutien à cette démarche de onze associations représentatives de la communauté scientifique en sciences sociales, le ministère de l’Éducation Nationale s’est entêté à vouloir faire appliquer ce programme délégitimé à la rentrée 2011 en refusant d’entendre les critiques :

encyclopédisme, cloisonnement absurde entre sciences sociales, approche notionnelle, partis-pris théoriques, ni attractif, ni motivant pour les élèves.

A ce titre l’APSES demande la réécriture de l’ensemble des programmes du cycle terminal, à commencer par le préambule qui pose les principes qui ont présidé à leur conception.

Notre expertise pédagogique nous permet d’affirmer qu’aucun enseignant ne peut relever le défi d’enseigner correctement 51 chapitres et 223 notions au cours des deux années du cycle terminal dans la série ES s’il applique à la lettre les indications données dans ces textes. Dans la classe, nous sommes contraints d’aller bien au-delà de l’habituelle liberté pédagogique pour contourner l’obstacle que constituent ces programmes à la formation de nos élèves, pour continuer à exercer correctement notre métier. Cette nécessité, nous l’assumerons pour : • ne pas limiter les pratiques pédagogiques au cours magistral ; • donner du sens et du temps aux apprentissages pour que tous nos élèves puissent s’approprier les enjeux du monde qui les entoure ; • leur donner toutes les chances de réussir, non seulement le baccalauréat, mais aussi leurs études supérieures et leur insertion citoyenne.

Profondément attachée au rôle de l’école dans la transmission d’une culture commune sur la base de programmes appliqués nationalement, et pour ne pas laisser les enseignants de SES seuls face à ces programmes impossibles, l’APSES renouvelle son appel à, collectivement, contourner ce programme dans un cadre unifié afin d’en faire un programme enseignable, attractif et utile aux lycéens, tout en évitant un éclatement total des contenus et méthodes enseignés, pour ne pas nuire en premier lieu aux élèves devant passer les mêmes épreuves de baccalauréat en fin de terminale.

L’APSES poursuivra donc le projet SESâme, dont il convient de continuer à dresser collectivement le bilan par des réunions régulières des régionales de l’APSES.

2.1.3 Programmes de terminale

Les programmes de terminales publiés malgré un rejet du CSE ont été construits selon les mêmes dogmes qui sont à l’origine des mêmes aberrations pédagogiques que pour le nouveau programme de première. Alors qu’enseignants comme universitaires sont unanimes à condamner l’encyclopédisme de l’ancien programme de terminale, le projet propose 15 chapitres, et plus de 150 notions évaluables au baccalauréat, alors qu’avec la réforme, l’horaire de SES en terminale baisse de 6 à 5 heures. Cet encyclopédisme interdira de prendre le temps d’une mise en activité intellectuelle des élèves, et de réappropriation nécessaire à toute réflexion.

Couplés au projet de nouvelles épreuves de baccalauréat (voir infra), les programmes n’inciteront qu’à la récitation du cours au détriment du raisonnement. Construit sur le seul principe d’un cloisonnement entre l’économie d’une part et les autres sciences sociales d’autre part, le programme de tronc commun perd la cohérence qui prévalait jusqu’alors. Comme pour le programme de première, de nombreuses questions ne sont qu’un simple prétexte pour aborder des notions pour elles-mêmes et non pour les questions contemporaines auxquelles elles pourraient permettre de répondre. Ces questions étroitement techniques, qui se cantonnent à poser la question du « comment » en évitant ainsi les débats susceptibles de motiver la curiosité des élèves, ont également comme conséquence de réduire singulièrement le pluralisme théorique.

Le vote négatif du CSE sur les programmes de terminale renforce la demande d’une réécriture de l’ensemble des programmes de SES du cycle terminal.

Il faut donc repenser les programmes dans leur structuration en lien avec l’évaluation et nos objectifs de formation, notamment celles du baccalauréat mais sans oublier le citoyen, si l’on veut parvenir à redonner du temps et du plaisir à apprendre comme à enseigner.

2.2. Procédure de confection des programmes

Concernant la composition des groupes d’experts chargés de la confection des programmes,

l’APSES continue de demander à ce que les professeurs enseignant dans le secondaire y soient majoritairement représentés aux côtés de chercheurs ou universitaires

, et que parmi ces derniers figurent à la fois des économistes, des sociologues et des politistes familiarisés avec les contraintes de l’enseignement secondaire, ainsi qu’un chercheur en sciences de l’éducation.

En effet, les savoirs scolaires que prescrit un programme proviennent nécessairement d’une sélection de savoirs produits par les communautés scientifiques mais ne peuvent en être un simple décalque (c’est le cas de toutes les disciplines scolaires). L’APSES demande également à ce que les membres des groupes d’experts soient représentatifs de la pluralité et de l’importance des sensibilités pédagogiques et théoriques des enseignants de SES et des chercheurs en sciences sociales.

L’APSES rappelle aussi que la réunion d’un groupe d’experts doit être précédé d’un travail sérieux de bilan de la mise en œuvre des programmes actuellement en vigueur, de concertation avec les enseignants de SES, les universitaires pour repérer à la fois les problématiques à étudier ainsi que les principaux concepts, raisonnements et méthodes que doivent maîtriser les lycéens en seconde et en fin de cycle terminal. En ce sens, des procédures de consultation transparentes, associant les représentants du monde éducatif, doivent avoir lieu tout au long de la procédure de construction des programmes et ne peuvent avoir lieu uniquement ex-post pour servir de base à l’amélioration des programmes.

L’APSES demande enfin que les programmes ne soient pas rédigés dans la précipitation et que la démarche de la « table rase » soit proscrite. Dans l’intérêt des futurs lycéens, l’APSES considère qu’il est indispensable de donner le temps nécessaire à l’amélioration des programmes qui devrait être pensée dans la durée et en continu plutôt que par rupture radicale. Il s’agirait de faire des bilans réguliers de l’application réelle des programmes par les enseignants et des acquis des lycéens afin d’en améliorer par petites touches les contenus et formulations. Par ailleurs, les programmes du cycle terminal ainsi que les modalités d’évaluation doivent être conçus simultanément. Les programmes doivent respecter la pluralité des approches pédagogiques, didactiques, épistémologiques et théoriques.

2.3. Structuration des programmes

L’APSES rappelle son attachement à des programmes structurés à partir d’un nombre limité de problématiques qui doivent permettre aux élèves de mieux comprendre les enjeux économiques et sociaux contemporains tout en acquérant des connaissances et des méthodes relatives aux sciences sociales.

Ce double objectif est souvent en tension dans les pratiques pédagogiques, c’est pourquoi il est important qu’il soit au fondement de l’architecture des programmes afin d’éviter que l’un soit abandonné au profit de l’autre. En effet, toutes les problématiques ne se valent pas pour construire des programmes de lycée : certaines problématiques scientifiques sont difficilement transposables à des lycéens en termes de pré-requis et/ou sont difficiles à traduire en termes d’enjeux en lien avec des questions contemporaines. En outre, cette façon de considérer les contenus à enseigner en SES est primordiale au regard des finalités de culture générale assignées à l’enseignement de SES :
- pour que l’élève donne un sens à l’apprentissage des concepts, raisonnements et méthodes, et puisse ainsi se les approprier durablement ;
- pour favoriser la « formation de l’esprit scientifique » en sciences économiques et sociales, titre de l’ouvrage publié en 1938 par Gaston Bachelard où celui-ci affirmait : « C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de questions il ne peut pas avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. »
- pour délimiter beaucoup plus drastiquement qu’aujourd’hui les sujets possibles lors des évaluations écrites du baccalauréat. La réflexion sur les programmes ne peut donc être indépendante d’une réflexion sur les modalités d’évaluation de ceux-ci. Au sein de ces problématiques choisies pour leur acuité dans la formation des citoyens en devenir que sont les lycéens, le programme devrait préciser un nombre limité de concepts, raisonnements et méthodes exigibles, en provenance d’une ou de plusieurs disciplines sur une problématique donnée. Les programmes doivent tenir compte du temps effectif d’enseignement annuel, ainsi que du temps de l’évaluation et de la remédiation. L’enseignement de SES doit contribuer à former les citoyens autonomes dont nos sociétés démocratiques ont besoin à l’aide de savoirs scientifiques pluralistes et de l’esprit critique nécessaire à toute démarche intellectuelle.

L’APSES demande par conséquent que les programmes de chaque niveau soient structurés autour d’une problématique d’ensemble explicite pour assurer la cohérence de la progression pédagogique.

2.4. Des programmes qui invitent à développer une large gamme de savoirs etsavoir-faire

L’APSES invite à inscrire la réflexion sur les programmes dans l’esprit de ce que préconisaient les « Objectifs de référence pour l’enseignement des SES en seconde » en 1993 (voir http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/ses...) en mettant l’accent autant sur les connaissances à transmettre que sur les savoir-faire et postures intellectuelles.

Les programmes pourraient davantage préciser ces éléments sans les dissocier ou les opposer, en insistant notamment davantage sur l’initiation aux méthodes des Sciences sociales tout en laissant plus de place à la liberté pédagogique de l’enseignant en leur donnant un caractère propositionnel.

La nature pluridisciplinaire de l’enseignement des Sciences Économiques et Sociales est aussi le moyen d’élargir les « savoirs et savoir-faire » apportés par cet enseignement, par la maîtrise des raisonnements et méthodes propres à chaque discipline, par les questionnements spécifiques que chacune privilégie, mais aussi par leur mobilisation conjointe sur certaines problématiques. Cette pluridisciplinarité qui associe, principalement, les apports de l’Économie, de la Sociologie et de la Science politique doit être maintenue d’une part parce qu’elle est une des raisons de l’attractivité des SES et suscite l’intérêt des élèves, et d’autre part car elle constitue un atout pour leur orientation future dans l’enseignement supérieur.

2.5 L’évaluation en SES 2.5.1 En terminale

Après des programmes de terminale publiés malgré un avis négatif du Conseil Supérieur de l’Éducation et la demande de moratoire exprimée par l’APSES, les sujets « zéro » des nouvelles épreuves de SES de la session 2013 ont été rendus publics. L’APSES dénonce leur méthode de conception :

absence de bilan sérieux des anciennes épreuves, pas de consultation des enseignants, ni même de test auprès des élèves pour l’épreuve majeure de leur baccalauréat (coefficient 7 ou 9).

L’interdiction des sujets débat

dans la nouvelle épreuve composée - ou leur marginalisation en dissertation - se fait au détriment de la contribution de notre discipline à la formation citoyenne des élèves, au moment où l’économie et l’ensemble des sciences sociales sont de plus en plus présents dans le débat public.

L‘introduction de questions de

connaissances mobilisées pour elles-mêmes

ou d’

analyse décontextualisée d’un document

vont générer des

pratiques de plus en plus « transmissives »

, entraînant un

bachotage accru

, au détriment d’une véritable appropriation des savoirs autour de questions qui font sens pour les élèves. Elles risquent également d’accroître les difficultés d’harmonisation.

Si les épreuves actuelles ne sont pas exemptes de défauts et doivent être améliorées, nous déplorons, une nouvelle fois, que les enseignants ne soient pas pleinement associés aux changements qui sont apportés à la discipline qu’ils enseignent. En conséquence, l’APSES demande

un moratoire sur l’application des nouvelles épreuves et la mise en place d’une véritable concertation.

Les modalités d’évaluation en SES sont un facteur déterminant de l’évolution de l’enseignement vers l’encyclopédisme, au détriment de l’appropriation par les élèves des savoirs et méthodes. Des programmes structurés sous forme de problématiques explicites et précisant plus clairement un nombre limité de raisonnements à maîtriser permettraient de limiter l’arbitraire et de mieux valoriser les savoirs et savoir-faire des élèves. En ce qui concerne les épreuves écrites, la dissertation est un exercice qui permet de valoriser un large spectre de savoirs et savoir-faire. Mais, en l’état actuel, le dossier documentaire de la dissertation ne permet pas, bien souvent, de les valoriser.

L’APSES soutient donc l’idée d’un dossier documentaire qui soit davantage constitué d’éléments factuels, sans que cela ne se réduise à des documents statistiques. La taille maximale des documents statistiques doit être inférieure à celle prévue dans les nouvelles épreuves. Par ailleurs, les documents doivent être exploitables en tenant compte de la possibilité ou non pour les élèves d’utiliser une calculatrice. De plus, les sujets de dissertation doivent laisser la place aux débats et au pluralisme.

La QSTP n’est pas exempte de défauts. En effet, les questions et les documents invitent souvent à la paraphrase, et l’exigence d’approfondissement de l’analyse est parfois en contradiction avec les limites imposées aux réponses du travail préparatoire et à la synthèse. L’APSES demande au ministère l’organisation d’une concertation large et approfondie afin de chercher à améliorer la question de synthèse au regard des défauts reconnus par un grand nombre :
- Comme pour la dissertation, interdire les documents qui invitent à la paraphrase et ne choisir que des documents principalement factuels sur lesquels des savoirs (questions de cours) et savoir-faire (analyse d’un document statistique ou textuel brut) peuvent réellement être évalués.
- Poser un plus petit nombre de questions qu’actuellement, des questions sur les savoirs, des questions demandant la mise en œuvre de savoir-faire, mais aussi des questions qui invitent à discuter des limites de certains raisonnements ou à mettre en relation des raisonnements et des données factuelles. En outre l’APSES demande de renoncer à la fragmentation de l’épreuve composée : loin de récompenser les élèves travailleurs, la nouvelle épreuve composée, qui porte sur 4 thèmes différents du programme (sur 5 pour les spécialistes) accentue le bachotage et nous semble insécurisante pour les élèves qui devront, durant l’épreuve, changer 4 ou 5 fois de thématique. L’APSES préconise des épreuves portant sur un thème unique du programme pour lequel on demande aux élèves de savoir mener un raisonnement et une réflexion organisée pendant 4 heures. L’APSES demande d’organiser les épreuves de tronc commun et de spécialité sur deux demi-journées différentes

2.5.2 En seconde

L’APSES rappelle la nécessité d’évaluer les élèves en enseignement d’exploration de seconde

, notamment pour vérifier les apprentissages des élèves et leurs progrès, permettre une remédiation, communiquer avec les familles et éclairer les choix d’orientation.

L’APSES dénonce que, dans certains établissements, les professeurs de SES soient exclus des conseils de classe et que les modalités d’évaluation (notation, bulletins, coefficient) leur soient imposées en dehors de toute concertation ou contre leur volonté, niant ainsi leur liberté pédagogique. L’APSES rappelle que les enseignants confrontés à ces situations peuvent notamment faire valoir que :
- l’Encart au Bulletin officiel spécial n° 4 du 29 avril 2010 relatif aux enseignements d’exploration précise : « Une évaluation est nécessaire pour permettre aux élèves de prendre conscience des savoirs et savoir-faire acquis et des progrès accomplis dans les domaines explorés. Spécifique à chaque enseignement d’exploration, l’évaluation aide les élèves à affiner leur projet d’orientation de façon éclairée mais ne constitue en aucun cas un critère ou un pré-requis pour accéder à telle ou telle série. » et qu’il stipule que « le conseil pédagogique favorisera la coordination des enseignements d’exploration, notamment en ce qui concerne l’évaluation et la notation des activités des élèves ». « Favoriser la coordination » signifie bien que le Conseil pédagogique est un organe consultatif de réflexion qui ne saurait imposer des normes.
- le Ministre de l’Education Nationale Luc Chatel a déclaré dans l’interview accordée au quotidien Les Echos du 25/03/2010 : "Pour l’évaluation, il pourra y avoir des notes dans les enseignements d’économie, dits exploratoires, mais elles ne constitueront pas un critère de passage ou d’orientation"

2.6. Recrutement et formation des professeurs stagiaires

Concernant les épreuves orales du CAPES de SES, L’APSES demande un cadrage plus explicite des attentes pédagogiques et didactiques de l’épreuve sur dossier. L’APSES s’inquiète par ailleurs de la diminution du nombre d’inscrits au concours et de la restructuration de la carte des formations. Nous demandons le rétablissement de la liste complémentaire pour les concours.

3. MODALITÉS D’ACTION 2012-2013

L’APSES développera une réflexion auprès de ses adhérents sur les modalités d’action adéquates pour infléchir la réforme par des amendements aux décrets ou modalités d’applications. Il s’agit de réfléchir à l’articulation entre les actions de sensibilisation de l’opinion publique, de recueil de soutiens extérieurs, et de mobilisation des adhérents. Il s’agit aussi d’envisager des actions particulières et de consulter les instances sur ces modalités d’action. Le cadre d’un éventuel changement de gouvernement doit permettre de poursuivre et développer les actions entamées.

4. COLLOQUES, FORMATION CONTINUE ET PARTENARIATS

4.1. La formation continue

Le thème du stage national sera choisi lors du premier Comité directeur de rentrée.

4.2. Mise en œuvre des nouveaux programmes

L’APSES doit impulser particulièrement la mutualisation de supports et pratiques pour les programmes de terminale et poursuivre la mutualisation aux autres niveaux d’enseignement. L’APSES se félicite de la formidable réussite de SESâme. Plutôt que de proposer pour l’année 2012/2013 un manuel SESâme en terminale, l’APSES décide de consacrer ses ressources militantes à l’actualisation du manuel SESâme de première, notamment pour tenir compte des retours des utilisateurs.

4.3. Partenariats

L’APSES se félicite de son adhésion à l’IDIES et des croisements fructueux d’informations et d’analyses qui en résultent. Le partenariat avec l’École d’économie de Paris a été fructueux à nouveau cette année pour l’organisation de nos stages. L’expérience acquise de part et d’autre au cours des années précédentes doit être pérennisée et prolongée pour l’organisation du stage national l’an prochain. L’APSES a continué à développer ses liens avec les associations universitaires par des échanges réguliers avec les membres de leurs instances (Appel de Vitruve, Appel « Refusons »). En lien avec les orientations précédentes sur les programmes, l’APSES souhaite que des groupes de travail soient mis en place avec des représentants de l’AECSP, de l’AFEP, de l’AFS, de l’AFSE et de l’ASES.

5. VIE DE L’ASSOCIATION

5.1. Adhésions

L’année 2011-2012 marque un record historique d’adhésions (1398 adhérents au 5 mai 2012). L’APSES doit continuer de fidéliser ses adhérents et d’en attirer encore davantage en développant encore la partie mutualisation d’apses.org, en organisant des stages de qualité, moments forts de formation, de réflexion et de socialisation, en développant l’activité de ses régionales.

5.2. Site Internet

Le site est totalement opérationnel, y compris le paiement en ligne avec Paypal. Il convient de poursuivre le dynamisme du site.

5.3. APSES Infos, Lettre de l’APSES

L’évolution du rythme de publication d’APSES Infos (1 numéro par an) ainsi que la réorientation éditoriale causée par la concurrence du site doivent se poursuivre : articles de fond plus que d’actualité, interviews d’universitaires à propos de leur livre ou recherches etc. Le groupe rédactionnel formé il y a deux ans a bien fonctionné mais il faudrait davantage de contributions des collègues et des régionales. À la rentrée 2012, une Lettre de l’APSES sera comme cette année envoyée dans tous les lycées, présentant les résultats de l’AG et les orientations pour l’année à venir.

5.4. Instances et régionales

Organisée à la suite de l’assemblée générale annuelle, une assemblée générale extraordinaire a adopté à l’unanimité l’amendement suivant aux statuts de l’association qui modifie les modalités de vote du Comité directeur : « Sur proposition du Comité directeur, l’Assemblée Générale du 2 et 3 juin 2012 modifie les statuts de l’association afin d’institutionnaliser la mise en place d’une procédure de saisine et de vote du Comité Directeur par voie électronique. Dans l’article 7 des statuts de l’association, après la phrase « Le Comité Directeur devra se réunir 2 fois par an au minimum en dehors de l’Assemblée Générale », est inséré le paragraphe suivant : « Les décisions du comité directeur peuvent être prises par voie électronique. Le débat et le vote doivent alors porter sur une question urgente (ne pouvant attendre la tenue d’un Comité Directeur ou l’Assemblée Générale). Le Comité Directeur peut se saisir d’une question, demander un débat et un vote électronique, sur la demande du BN ou d’au moins un tiers des membres titulaires du Comité Directeur. Le vote sera ouvert pour une durée déterminée par le Bureau National, en aucun cas inférieure à 5 jours, à partir de l’envoi par mail de la question aux membres du Comité Directeur. Le vote sera validé si le taux de participation atteint 50 %. » Les adhérents doivent également être consultés régulièrement dans le cadre des régionales par le biais d’Assemblées régionales. »

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