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Compte-rendu de l’entrevue du 5 juin 2013 avec l’Inspection générale de SES à propos de la maquette du nouveau CAPES de SES

Nouvelles épreuves du CAPES Compte rendu de l’entretien APSES-Inspection Générale du 05/06/2013

A sa demande, l’APSES, représentée par Marjorie Galy, Erwan Le Nader et Laurence Maurin a été reçue par l’Inspection Générale de SES (Marc Montoussé et Frédéric Carluer) pendant 2H mercredi 5 juin 2013 au sujet des nouvelles épreuves du CAPES.

L’APSES a présenté les motifs de sa demande d’entrevue : lors des précédentes réformes, les collègues formateurs s’étaient trouvés en difficulté face aux incertitudes concernant les attentes relatives aux nouvelles épreuves.

L’Inspection Générale a précisé que la référence réglementaire s’imposant à tous était l’Arrêté du 19 avril 2013 fixant les modalités d’organisation des concours du CAPES. Des sujets zéro seront publiés, mais in fine ce sera le jury qui sera souverain concernant les attentes, dans le respect de l’arrêté du 19 avril. Les commentaires faits par l’Inspection Générale sur les épreuves représentent donc leur interprétation des textes mais non la position officielle qui pourra être adoptée par le jury.

Concernant le champ des épreuves d’admissibilité, deux solutions étaient possibles :
-  1 : Que les épreuves portent sur l’intégralité des programmes du lycée
-  2 : Que les épreuves soient thématisées, comme en histoire-géographie ou en économie-gestion, c’est-à-dire que les épreuves portent sur certains thèmes publiés préalablement

La première solution a été retenue pour s’assurer d’une meilleure maîtrise disciplinaire (autant en économie qu’en sociologie et sciences politiques) par les candidats, même si cela nécessite souvent une mise à niveau rapide avant les concours qui ont lieu en mars de l’année de Master 1, peu de licences universitaires proposant, dans le même cursus obligatoire, des cours d’économie et de sociologie. Le fait de centrer les épreuves sur les programmes permettra malgré tout de réduire le spectre des sujets possibles tout en conservant un certain degré d’exigence scientifique.

L’Inspection Générale a rappelé que le Ministère avait donné des consignes générales afin d’harmoniser les différents CAPES, notamment afin de rendre les épreuves plus professionalisantes et de valoriser davantage les épreuves orales (dont les coefficients passent de ½ à 2/3)

A. ― Epreuves d’admissibilité

1° Composition.

La composition à dominante soit économique, soit sociologique et/ou sciences politiques, comprend : ― une dissertation dont le sujet se rapporte aux programmes en vigueur dans les classes de lycée général ; ― une question portant soit sur l’histoire de la pensée économique ou sociologique, soit sur l’épistémologie de ces disciplines. Durée : cinq heures ; coefficient 1.

L’APSES a demandé comment entendre « dominante » pour les sujets à « dominante éco socio ou sciences po (ex : protection sociale). L’Inspection générale a précisé que, sauf décision différente du jury, la mention « dominante économique » devrait apparaître clairement sur le sujet, et que la discipline mentionnée devrait alors constituer l’essentiel du traitement du sujet, même si des développements d’une autre discipline pourraient être les bienvenus pour enrichir l’analyse.

2° Exploitation d’un dossier documentaire.

La composition est élaborée à partir d’un dossier fourni au candidat et portant sur les programmes de sciences économiques et sociales. Il est demandé au candidat de construire, à partir de ce dossier composé de plusieurs documents, et pour une classe de niveau déterminé, une séquence pédagogique intégrant obligatoirement des travaux à réaliser par les élèves et une évaluation des acquisitions attendues. La composition du candidat devra s’appuyer sur des connaissances précises en matière de didactique de la discipline scolaire sciences économiques et sociales, notamment en ce qui concerne la conception des dispositifs d’apprentissage et leur évaluation. Le dossier porte sur le programme de sociologie, de sciences politiques et de regards croisés lorsque la première épreuve d’admissibilité est à dominante économique. Il porte sur le programme d’économie lorsque la première épreuve d’admissibilité est à dominante sociologique (ou sciences politiques). Durée : cinq heures ; coefficient 1.

L’APSES a précisé qu’au moment des écrits, les candidats n’auront pour la plupart que commencé à effectuer leur stage d’observation et éventuellement quelques heures en pratique accompagnée (sachant que par ailleurs se pose la question des possibilités d’observation pour les candidats hors master, les salariés non enseignants). Comment alors rendre accessible cette épreuve avec si peu d’expérience de classe ?

L’Inspection Générale a précisé que dans son esprit, les documents du dossier devraient être extraits d’articles ou d’ouvrages scientifiques de niveau intermédiaire (type Cahiers Français, extraits de manuels du supérieur, ouvrages généraux…) ainsi que des documents statistiques, mais a priori pas de manuels du secondaire. La séquence pédagogique portera sur une partie du programme.

L’APSES a précisé que l’introduction de la didactique à l’écrit était un point positif. Cela supposant cependant des recherches et du travail sur la didactique de la discipline alors même qu’il n’y a plus de structures de recherches en didactique des SES depuis la fin de l’équipe de l’INRP au milieu des années 2000. Concernant les épreuves « didactiques », l’APSES a rappelé qu’il fallait éviter de tomber dans le travers que le niveau d’exigence soit supérieur à celui d’un cours réellement faisable avec des élèves. A ce sujet, le fait de restreindre les documents à des articles de type scientifique pose problème : il faudrait au contraire accepter une gamme plus vaste de documents pour que les candidats construisent des séquences de cours accessibles à tous les élèves de seconde, première ou terminale. L’Inspection a précisé que les jurys choisiraient des documents appropriés, et que rien n’empêchait les candidats de faire référence dans leur composition à d’autres types de documents qu’ils pourraient utiliser (documents iconographiques par exemple) mais que l’objectif était d’évaluer la capacité du candidat à faire un cours avec les documents proposés.

L’APSES a exprimé son souhait que l’extrait du programme sur lequel porterait la séquence soit fourni aux candidats (comme c’est le cas pour le CAPES de SVT par exemple). En effet, s’il est évident que les candidats doivent avoir une maîtrise parfaite des connaissances permettant de traiter les programmes et une bonne connaissance de ces derniers, il est difficile d’imaginer que des étudiants de M1, qui ne les ont jamais enseignés, connaissent à la lettre les intitulés des programmes, la place des notions, les formulations des indications complémentaires… de programmes excédent 10 pages chacun. En situation professionnelle, les enseignants sont d’ailleurs fréquemment amenés à consulter les programmes officiels pour construire leur progression et séquences de cours. L’Inspection a pris note de cette proposition. L’APSES a demandé si le sujet indiquerait une durée indicative pour la séquence pédagogique à proposer. L’Inspection s’y est déclarée défavorable pour ne pas ajouter une contrainte supplémentaire que les candidats pourraient avoir du mal à respecter.

L’Inspection a précisé que l’objectif de la composition était de proposer une séquence de cours avec une évaluation. Il ne s’agirait donc pas de rédiger de longs développements didactiques ou de réaliser une présentation scientifique du dossier. L’épreuve nécessite de la part de l’étudiant qu’il donne du sens et des justifications aux choix effectués pour la construction de la séquence et de l’évaluation. Pour l’inspection, l’important est donc que le candidat montre la cohérence de ce qu’il propose : cohérence entre les travaux et les acquisitions, cohérence entre les activités et les évaluations, cohérence avec les programmes. Concernant la forme de la composition, il est nécessaire de présenter la séquence et l’évaluation, mais il devrait y avoir une large latitude concernant le moment de justification des choix opérés. Il n’est a priori pas retenu de « forme type » : l’étudiant présente la structure de son cours, repère clairement les points de programmes traités. Il les explicite, les définit, justifie ses choix.

L’APSES a également demandé pourquoi existait une dissymétrie concernant les regards croisés (ils peuvent tomber en dossier documentaire si la composition est à dominante éco, mais pas si elle est à dominante socio). L’APSES a souligné le risque de pénaliser les candidats ayant eu une formation à dominante sociologique si le premier écrit était à dominante économique et le second portant sur un regard croisé qui eux-mêmes sont de fait davantage à dominante économique dans les programmes.

Concernant le programme de seconde, l’APSES a demandé comment seraient classés les chapitres dans cette partition économie/sociologie/regards croisés. L’Inspection a répondu que cela ne posait pas de problème car certaines questions du programme de seconde sont nettement à dominante économique, d’autres nettement à dominante sociologique, une seule pouvant relever des regards croisés.

L’APSES a également demandé comment le jury évaluerait les connaissances scientifiques du candidat pour cette épreuve. L’Inspection a répondu que cela pourrait se faire au moment où le candidat expose dans sa composition les contenus enseignés de sa séquence (définitions, mécanismes, etc.). En effet, cette seconde épreuve écrite, souligne l’Inspection, doit aussi servir à valider la maîtrise d’un savoir scientifique ; le contenu scientifique attendu dans le cours présenté est à présenter explicitement.

B. ― Epreuves d’admission

1° Epreuve de mise en situation professionnelle.

L’épreuve est composée d’un exposé élaboré à partir d’une série de questions posées par le jury. L’exposé porte sur l’un des thèmes des programmes en vigueur dans les classes de lycée général. Il est suivi d’un entretien avec le jury durant lequel le candidat répond à des questions en relation avec le contenu de son exposé et, plus généralement, à des questions portant sur les concepts, outils, méthodes et théories de l’économie, de la sociologie et des sciences politiques, dont les formes de transposition didactique seront discutées. Durée de la préparation : trois heures (sans document) ; durée de l’épreuve : une heure maximum (exposé : trente minutes maximum ; entretien : trente minutes maximum) ; coefficient 2.

L’Inspection Générale a précisé que l’expression « série de questions » pourrait prochainement être remplacée par « une question ». Il s’agirait donc, comme dans l’actuelle épreuve de leçon, d’un sujet pour lequel le candidat devrait effectuer un exposé, avec un champ de sujets délimité par les programmes de lycée, et avec des questions du jury qui porteront notamment sur la transposition didactique. Les candidats n’auront plus accès à une bibliothèque.

L’APSES a déploré que cette épreuve se fasse sans documents (contrairement à ce qui est possible en HG, obligatoires en langues, en lettres, SVT), et que là encore contrairement à d’autres disciplines, il ne s’agisse pas d’une véritable mise en situation professionnelle, contrairement à l’intitulé de l’épreuve. L’APSES a, de plus, pointé la difficulté supplémentaire de ne pas avoir accès à une bibliothèque, alors même qu’il s’agit d’une compétence professionnelle importante que de pouvoir construire un exposé ou un cours à partir d’ouvrages de référence.

2° Epreuve d’entretien à partir d’un dossier.

Le candidat construit, à partir d’un dossier constitué de documents scientifiques, didactiques, pédagogiques d’extraits de manuels ou de travaux d’élèves, un projet de séquence de cours. Il devra préciser quels extraits du dossier il mobilise, comment il les utilise avec les élèves et justifier ses choix didactiques et pédagogiques. L’entretien permet aussi d’évaluer la capacité du candidat à prendre en compte les acquis et les besoins des élèves, à se représenter la diversité des conditions d’exercice de son métier futur, à en connaître de façon réfléchie le contexte dans ses différentes dimensions (classe, équipe éducative, établissement, institution scolaire, société) et les valeurs qui le portent, dont celles de la République. L’épreuve comprend en outre un exercice de mathématiques appliquées aux sciences économiques et sociales portant sur un programme publié. Le dossier porte sur le programme de sociologie, de sciences politiques ou de regards croisés lorsque l’épreuve de mise en situation professionnelle est à dominante économique et sur le programme d’économie lorsque la première épreuve d’admission est à dominante sociologique (ou sciences politiques). Durée de la préparation : une heure ; durée de l’épreuve : une heure maximum (exposé : vingt minutes maximum ; entretien sur l’exposé et sur la façon dont le candidat envisage son exercice professionnel : vingt-cinq minutes maximum ; exercice de mathématiques : quinze minutes maximum) ; coefficient 2.

L’Inspection a précisé qu’elle avait bon espoir que la durée de préparation de l’épreuve passe de 1H à 2H. Le sujet précisera quel sera le niveau d’enseignement du projet de séquence que le candidat devra présenter.

L’inspection a précisé que, pour cette épreuve également, aucune forme type (dissertation avec problématique et plan par exemple) ne serait particulièrement attendue. Il s’agit d’un projet de séquence de cours. Les documents pourraient être ici des documents tirés de manuels pour l’essentiel.

Pour l’exercice de mathématiques, il ne s’agit pas de renforcer les attentes, au contraire. Le programme devrait être publié fin juin.

Pour conclure, l’APSES a demandé à ce que les sujets zéro soient publiés avec des attentes, afin que les candidats puissent se préparer au concours en sachant ce qui est attendu d’eux. L’Inspection s’y est déclaré défavorable pour ne pas normer les attentes du concours. L’APSES a demandé à ce que soit organisées (comme cela a été le cas dans le passé et comme c’est le cas dans d’autres disciplines) des réunions annuelles (dont une dès la rentrée) entre les formateurs pour échanger sur les pratiques et harmonisation, couplée avec une réunion avec président de jury pour échanger sur les attentes du concours. L’Inspection a pris note de cette proposition qu’elle transmettra au président du jury.

De manière générale, l’APSES a regretté que la dimension professionnelle n’ait pas pris la place qui aurait pu être la sienne dans ces nouvelles épreuves, notamment du fait d’une limitation des documents à des documents de type scientifique à l’écrit et au choix d’un exposé de type leçon à l’oral.

L’APSES a enfin regretté de ne pas avoir été consultée pour la définition des nouvelles maquettes du CAPES avant qu’elles ne soient publiées au BO.

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales