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Compte-rendu de l’entrevue du 29 août 2013 de l’APSES au cabinet du Ministre

Ce compte-rendu a été transmis à nos interlocuteurs pour relecture. Ils l’ont trouvé fidèle à nos échanges.

L’APSES a été reçue suite à sa demande jeudi 29 août 2013 au cabinet du Ministre par Laurent Crusson (conseiller technique du Ministre pour le premier degré, le collège et la voie générale du lycée), Véronique Fouquat (DGESCO, chef du bureau des programmes) et Isabelle Robin (DGESCO, bureau des lycées d’enseignement généraux et technologiques)

Place des SES en seconde, première et terminale

L’APSES a rappelé les demandes formulées dans la lettre ouverte adressée par de nombreux enseignants-chercheurs au Ministre de l’Education Vincent Peillon au mois de mai demandant qu’en classe de seconde

« les Sciences Economiques et Sociales soient intégrées aux enseignements de tronc commun, avec un horaire décent et des groupes à effectif réduit, afin que les lycéens puissent s’initier de manière rigoureuse à des sciences sociales si nécessaires aujourd’hui pour décrypter le monde dans lequel ils évoluent. »

L’APSES avait également transmis avant l’entretien les résultats de l’enquête sur les conditions d’enseignement en SES, d’où il ressort notamment une très grande hétérogénéité entre lycées concernant l’attribution de l’accompagnement personnalisé et des heures en groupe à effectifs réduits. L’APSES a présenté sa demande qu’en première comme en terminale, les SES se voient attribuer au minimum une heure de dédoublements et une heure d’accompagnement personnalisé.

L’APSES a rappelé qu’en raison de leur importance dans la formation des citoyens les SES avaient également vocation à être proposées de manière optionnelle aux élèves des séries S et L en cycle terminal du lycée général.

L’APSES s’est inquiétée du déséquilibre grandissant dans le choix des spécialités en terminale ES, avec une hausse sensible des effectifs en mathématiques au détriment de l’économie approfondie (et dans une moindre mesure des sciences sociales et politiques). L’APSES a déploré que pour revaloriser la série L, la spécialité langue ait été supprimée en série ES, et à demandé sa réintroduction.

Nos interlocuteurs ont rappelé que l’Inspection Générale de l’Education Nationale conduisait actuellement une évaluation de la mise en œuvre de la réforme du lycée, dont un rapport devra être transmis au Ministre dans un délai non précisé. D’éventuelles modifications de la réforme pourraient ensuite intervenir.

Le cabinet a souhaité connaître la position de l’APSES sur une éventuelle fusion entre SES et PFEG en seconde. L’APSES s’y est déclarée résolument opposée, notamment pour ne pas davantage marginaliser l’enseignement de la sociologie, mais aussi pour tenir compte des compétences en partie distincte des enseignants de SES (qui n’ont pas de gestion, de droit ou de marketing à leurs concours) et de leurs collègues d’économie-gestion (qui n’ont pas de sociologie, d’histoire ou de science politique aux leurs).

Conseil supérieur des programmes

L’APSES s’est félicité de l’instauration d’un Conseil Supérieur des Programmes. Elle a rappelé son souhait que, comme l’a annoncé le Ministre, « s’agissant de la refonte générale des programmes de SES, le (...) le futur conseil supérieur des programmes (...) soit saisi dès son installation. ». L’APSES a rappelé la nécessité que le CSP examine conjointement les épreuves de baccalauréat. L’APSES a demandé qu’avant tout processus de réécriture des programmes et des épreuves soit effectué un bilan sérieux de l’application des programmes et épreuves en vigueur, tant auprès des élèves que des enseignants. Ce bilan pourrait être mené de manière indépendante par des chercheurs en sciences de l’éducation.

L’APSES a également demandé que, de manière transitoire en classe de seconde, en attendant que l’horaire et le statut actuels des SES soient revalorisés, la contrainte du nombre de chapitres et du choix des chapitres à traiter soit assouplie, nos enquêtes successives montrant qu’une très large majorité des enseignants ne parviennent pas à traiter plus de 6 questions sur les 10 proposées, bien en-deçà de l’objectif des 8 théoriquement obligatoires.

S’en est suivi un échange fructueux sur les procédures qui pourraient être mises en place pour améliorer le processus d’écriture des programmes. L’APSES a rappelé ses propositions : que les enseignants du second degré soient majoritaires, aux côtés dIPR et d’ enseignants- chercheurs du supérieur, prise en compte de l’expérience pédagogique des enseignants, pluralisme théorique et disciplinaire dans le choix des enseignants-chercheurs, et attention portée à leur sensibilité aux questions pédagogiques, présence d’au moins un spécialiste de sciences de l’éducation, recherche d’adéquation entre les programmes des différentes disciplines et des différents niveaux, adoption d’une démarche privilégiant les évolutions incrémentales des programmes après évaluation des pratiques enseignantes plutôt que d’adopter le principe de la « table rase », partir d’objets d’étude problématisés, réduire autant que possible le cloisonnement entre les sciences sociales qui renforce l’encyclopédisme et la perte de sens et de cohérence des programmes, préférer un moindre nombre de thèmes afin de pouvoir les traiter de façon approfondie, pluraliste et ambitieuse plutôt que des programmes encyclopédiques qui obligent au survol et à l’appauvrissement des pratiques pédagogiques.

Formation continue

L’APSES s’est inquiétée de la diminution constante des moyens accordés à la formation continue dans les académies. Le cabinet a souhaité que l’APSES lui transmette des éléments chiffrés à ce sujet, et s’est enquis des besoins principaux de formation des enseignants de SES. L’APSES a également rappelé la nécessité de ne pas séparer contenus scientifiques et pratiques pédagogiques dans les dispositifs de formation continue. Les représentants de l’APSES se félicitent de l’écoute réelle et constructive du dialogue ainsi mis en place avec le cabinet et les représentants de l’administration et espèrent vivement que celui-ci pourra se traduire rapidement dans une série de décisions concrètes tenant à la confection des programmes et au statut des SES, notamment en classe de seconde.

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales